Au lendemain de réunions tumultueuses tant à droite qu'à gauche, les conséquences des élections municipales continuent de faire des vagues. David Lisnard, maire de Cannes, a annoncé sa démission de LR, dénonçant un processus de sélection 'truqué' en perspective de la présidentielle. De son côté, Olivier Faure, chef du PS, refuse que le poids des alliances controversées avec LFI pèse sur ses épaules.
La présidentielle de 2027 approche à grands pas. Lors d'un bureau politique, Les Républicains (LR) ont retenu trois choix pour désigner leur candidat, qui seront soumis aux 120 000 adhérents : la candidature de Bruno Retailleau, une primaire interne réservée aux adhérents, ou une autre semi-ouverte aux sympathisants.
David Lisnard n’a pas mâché ses mots, qualifiant le processus de 'voté biaisé' qui favoriserait de facto Bruno Retailleau. Selon lui, cela met en danger l’idée que LR puisse prétendre jouer un rôle majeur lors du second tour. En tant qu’éventuel candidat lui-même, Lisnard défend l'idée d'une grande primaire ouverte à tout l'éventail de la droite, y compris les voix d'Éric Zemmour ou de Nicolas Dupont-Aignan.
Cette position est également soutenue par Laurent Wauquiez, chef des députés LR, qui critique les options proposées comme étant trop limitées. À l'inverse, des figures du centre-droit, comme Édouard Philippe et Gérald Darmanin, semblent réticents à une telle ouverture, complexifiant ainsi le paysage.
Ces débats ne se limitent pas à LR; l'extrême droite est également en jeu. Marine Le Pen a salué le fait qu’un nombre croissant d'électeurs LR se tournent vers le Rassemblement National (RN), mais elle reste sceptique quant à une union des droites, soutenue par son allié Éric Ciotti.
À gauche, la situation se complique également. Olivier Faure a été confronté à des critiques lors d'un bureau national. Après des accords jugés décevants avec LFI dans plusieurs villes comme Brest et Toulouse, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a exprimé son mécontentement, décrivant le PS comme 'tout et son contraire'. Elle a souligné qu'un faible pourcentage de candidats socialistes avaient réellement formé des alliances avec LFI.
Olivier Faure s'est défendu en affirmant que la France Insoumise n'est pas en mesure de constituer un véritable rempart contre la droite. Les tensions croissantes à gauche semblent bénéficier à LFI, qui met en avant une ligne claire et cohérente dans ce contexte de désunion.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a ironisé sur la position compromise des socialistes, alors que les dissensions internes persistent. À un an de la présidentielle, la bataille pour le leadership à gauche promet de nombreuses rebondissements.







