Tremblement de terre dans la cité du Ponant. François Cuillandre, maire socialiste expérimenté, a été défait par Stéphane Roudaut (LR, divers droite) après s'être allié avec La France Insoumise (LFI). La déception était palpable parmi les électeurs de gauche. Jean, un retraité brestois, confiait : "On l’a vu venir, gros comme une maison, mais là, la déculottée est douloureuse." Il a exprimé sa désillusion quant aux résultats des élections.
Cette coalition de gauche a écopé d’une débâcle cuisante, récoltant seulement 38,30 % des voix contre 57,38 % pour Roudaut, nouveau maire de Brest. La ville, qui avait maintenu un leadership de gauche pendant près de 40 ans sous la direction de Cuillandre, renverse ainsi la situation.
Comment en est-on arrivé là ? Selon Jean, plusieurs facteurs expliquent cette chute. "Le maire sortant avait promis de ne pas se représenter, mais il a renversé sa décision tout en laissant sa place à d'autres candidats comme Yohann Nédélec. De plus, il traîne avec lui divers dossiers juridiques complexes," précise-t-il. François Cuillandre ne s'est pas méfié de Stéphane Roudaut, le maire de la commune voisine, qui a su progresser dans la métropole, devenant une figure montante.
Le premier tour a vu Roudaut arriver en tête avec 30,24 % des suffrages, tandis que Cuillandre plafonnait à 23,80 %. Lors du second tour, son alliance avec LFI, pourtant farouchement critiquée, n’a pas réussi à le sauver.
Une alliance malheureuse avec LFI
Cette alliance, considérée comme une troisième erreur fatale par plusieurs observateurs, représente un tournant pour Brest. "Au lendemain d’un premier tour désastreux, Cuillandre a jugé nécessaire de s'allier avec les Insoumis, malgré ses réserves," souligne un politologue local.
Les soutiens de Roudaut, symboliquement vaccinés par le goût de la victoire, célèbrent leur succès comme un "nouveau chapitre pour Brest". Loin de la polémique, ils affirment que leur projet, centré sur la sécurité publique, a séduit les électeurs.
Stéphane Roudaut, fervent défenseur d’un nouveau stade pour SB29 à Guipavas, a promet des mesures que les brestois semblent avoir plébiscitées. Maël de Calan, président du département, ami proche de Roudaut, a exprimé sa satisfaction, consolidant ainsi leurs ambitions politiques communes.
Les résultats ont par ailleurs creusé un fossé au sein de la gauche, LFI, sous la direction de Cécile Beaudoin, raisonnant 15,39 % au premier tour, héritant désormais de quatre sièges au conseil municipal. Contraste saisissant, le Rassemblement National s'est vu exclu du conseil, ayant vu ses voix fondre lors du second tour.
Les tensions sont palpables suite aux résultats, avec des représentants de LFI subissant des accusations d'"antisémite" lors de l’arrivée de Roudaut en mairie. Le prochain conseil municipal s'annonce houleux, témoignant de la polarisation croissante du paysage politique brestois.







