Au lendemain d'un second tour des élections municipales aux résultats jugés mitigés, de nombreux leaders socialistes ont condamné la politique adoptée par Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste, l’appelant à clarifier sa stratégie vis-à-vis de La France insoumise (LFI). Dans une interview accordée à RTL, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, a affirmé qu'« il n'y a plus de place pour l’ambiguïté stratégique » concernant les alliances avec LFI, déclarant qu’« il est impensable de s’allier avec ce mouvement ».
Les résultats de cette campagne municipale ont été marqués par des affrontements entre socialistes et LFI. Olivier Faure, tout en rejetant toute alliance nationale entre les deux formations, a cependant ouvert la porte à des accords au niveau local. Toutefois, cette stratégie jugée « ambiguë » n'a pas été couronnée de succès dans plusieurs villes, comme Limoges, Toulouse ou Clermont-Ferrand, où le PS a perdu des bastions. À l'inverse, des candidats qui ont choisi d'éviter les alliances avec LFI, comme Emmanuel Grégoire à Paris ou Benoît Payan à Marseille, ont su remporter leurs élections.
Une stratégie en échec ?
« La gauche républicaine qui refuse l’alliance avec LFI gagne, elle gagne à Marseille, à Paris, à Rennes, à Saint-Étienne. La tambouille, ça ne fonctionne pas », a enfoncé le clou le député européen Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique, en ajoutant que « la clarté est une stratégie politique » nécessaire. Ces critiques ont également trouvé un écho chez l’ancien président socialiste, François Hollande, qui a dénoncé « l’impasse » dans laquelle se trouve le parti et a souligné l'absence de ligne directrice dans les choix de coalition.
Olivier Faure a tenté de défendre sa position. Interrogé par RMC, il a expliqué : « J’ai posé une règle, mais j’ai compris ceux qui se sont alliés avec des groupes qui n’ont pas d’historique antisémite ». Il a ensuite regretté la perte de Toulouse, où l’alliance avec LFI n’a pas su convaincre : « Toulouse aurait dû basculer à gauche, mais cela n’a pas abouti à cause de François Piquemal, qui était la tête de liste ». Faure a également exprimé des inquiétudes sur l'influence de Jean-Luc Mélenchon sur certains candidats, signalant que tant que cette dynamique persistera, le PS aura du mal à s'affirmer.
Dans un contexte où les divisions au sein de la gauche deviennent de plus en plus visibles, François Ruffin, ancien membre de LFI, a également exprimé des regrets quant à la tendance des leaders de partis à se quereller publiquement, tout en soulignant que la majorité des électeurs de gauche aspirent à un projet commun pour l’élection présidentielle. Face à la montée du Rassemblement national, cette introspection pourrait être nécessaire pour reconstruire un front unifié.







