Durement critiqué par la droite depuis son pacte avec La France Insoumise, le maire de Brest, François Cuillandre, a souhaité clarifier sa position lors d'une interview diffusée le 19 mars sur ICI Breizh Izel. Alors qu'il vise une réélection pour conserver la ville sous gestion socialiste depuis 1989, il doit impérativement rassembler les voix de gauche au second tour.
"La gauche reste majoritaire à Brest, dans sa diversité", a souligné Cuillandre lors de son intervention. En tant que candidat de l'union de la gauche avec 23,8% des voix, il espère fusionner ses résultats avec ceux des insoumis, qui affichent 15,4%, dans une logique de coalition prometteuse. Cet accord, bien que critiqué par ses opposants politiques, y compris le Medef 29 et le président de l'UBO, pourrait lui donner un avantage décisif lors des élections.
L'alliance avec les insoumis : une cohabitation complexe
Le maire affirme qu'avec ce rapprochement, il aura les coudées franches pour appliquer son programme. Il a précisé : "Chacun dans son couloir de nage : la France insoumise aura 12 élus, aucun adjoint. La majorité reste aux mains des 28 élus de l'actuelle coalition". François Cuillandre a donc confiance en la capacité de chacun à travailler ensemble malgré les divergences, notamment sur des sujets comme la police municipale et l'Arkéa Park.
Le projet de stade : source de tensions
Lors d'une autre rencontre, le maire a été largement interpellé par le président du Département, Maël de Calan, sur le devenir du projet de nouveau stade à Brest. "J'ai rarement vu certains adversaires aux matchs du Stade Brestois", a-t-il ironisé. Cuillandre a déclaré que ce projet, qui dépend de la métropole, n'était absolument pas en péril. Il insiste sur le fait que le bon dossier est la priorité et que la métropole continue d'avancer sur ce dossier.
Il admet au passage que même si une coalition à gauche pouvait contester ce projet, les décisions relèvent d'une majorité élue au sein de la métropole. En cas de victoire, les opposants au stade pourraient se retrouver majoritaires dans son équipe, mais Cuillandre reste optimiste sur la poursuite des projets de la métropole.
Réactions face à la diabolisation politique
Lorsqu'on l'interroge sur la perception par la droite de son alliance avec LFI, Cuillandre répond avec nonchalance : "Je suis habitué aux outrances politiciennes. Je n'ai pas prévu de laisser le bureau du maire de Brest à Jean-Luc Mélenchon en cas de victoire, c'est risible".
Un mandat face à des défis
La campagne actuelle est perçue comme un référendum pour l'alternance à Brest. Cuillandre se questionne sur la portée du rejet exprimé lors des derniers scrutins et défend le choix qui a été fait au sein du Parti Socialiste. Il évoque avec respect les parcours de maire ayant fait plusieurs mandats, tout en tenant compte des attentes changeantes des citoyens.
La métropole face à un changement politique
Un éventuel succès du maire à la tête de la ville, dans un contexte où la métropole est à droite, soulèverait des défis de cohabitation. Cuillandre souligne que la coopération a toujours été possible, notamment au sein du conseil métropolitain, et il est convaincu qu'un esprit collectif prévaudra sur les divergences.
Il admet que la complexité de l'intégration Ville-Métropole nécessite une réflexion approfondie, particulièrement dans la gestion des ressources humaines, avec 3.500 agents partageant un unique employeur.







