La campagne du second tour des municipales prend une tournure inattendue, avec des tensions palpables, notamment à Paris où Sophia Chikirou (LFI) maintient sa candidature.
Emmanuel Macron, lors du conseil des ministres du 18 mars, a tiré la sonnette d'alarme sur les « arrangements des partis » avec les « extrêmes », qualifiant ces manœuvres de « dangereux pour la République ». À Paris, le débat télévisé s'intensifie après que l'Insoumise Sophia Chikirou ait été ajoutée à la dernière minute. Elle s'est attaquée au candidat socialiste Emmanuel Grégoire, l'accusant d'avoir tenté d'empêcher sa participation. « Son oukase contre ma présence au débat est levé grâce à la pression publique sur les réseaux sociaux », a-t-elle affirmé sur X.
Des rebondissements à Nice
Rachida Dati, quant à elle, émerge comme la figure de proue de la droite à Paris après l'adhésion de Pierre-Yves Bournazel de la liste Horizons-Renaissance, même si ce dernier a quitté la liste. Elle bénéficie également du retrait de Sarah Knafo, représentante de Reconquête, qui avait obtenu plus de 10 % des voix au premier tour. « Les plus de 80.000 électeurs de Mme Knafo, moi, je les entends », a déclaré Dati sur CNews-Europe 1.
Cette alliance soulève des critiques à gauche, certains y voyant un baiser de la mort. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a même déclaré qu'il voterait Dati s'il était parisien. La présidente des Écologistes, Marine Tondelier, a raillé ces arrangements de partis, soulignant l'hypocrisie de Macron qui soutient des figures controversées dans d'autres villes.
Ce jeudi, les candidats de Marseille auront l'occasion de débattre. Benoît Payan, sortant de la gauche, pourrait profiter du retrait inattendu de l'Insoumis Sébastien Delogu face à Franck Allisio du RN.
Dans une tournure inattendue, Bruno Retailleau a créé la polémique à Nice en retirant son soutien au maire Horizons, Christian Estrosi. Ce dernier affronte Éric Ciotti, proche du RN, d'une manière très délicate. Cependant, Edouard Philippe, Gabriel Attal et Gérard Larcher continuent de soutenir Estrosi, appelant au respect des alliances à droite.
À Bordeaux, le jeu se complique : Philippe Dessertine a décidé de ne pas se présenter, laissant la place à Thomas Cazenave, représentant macroniste, face au maire écologiste Pierre Hurmic. Ce changement est perçu comme une opportunité pour Renaissance d'élargir son influence.
Absence de front républicain
A gauche, les divergences persistent. Au Parti socialiste, des tensions émergent autour des accords à Nantes, Toulouse ou Limoges. « La politique, ça commence par des valeurs », a martelé le député Jérôme Guedj sur France 2, tandis que la direction du PS downplay la montée de LFI.
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