L'annonce de la fusion entre François Cuillandre, maire sortant, et la candidate de La France Insoumise (LFI), Cécile Beaudouin, a provoqué un vent d'indignation et de réactions variées. Mais au-delà de la polémique, cet accord est-il en mesure de réorienter le projet politique du maire ?
La question qui fait débat est : François Cuillandre est-il prêt à « confier les clés de la ville de Brest à Jean-Luc Mélenchon » ? La réaction des critiques, y compris celles des figures du Medef Finistère et du président de l'Université de Bretagne Occidentale, Pascal Olivard, est unanime : ils dénoncent cette alliance. Du côté de la droite, des personnalités comme Maël de Calan, président du département, et le candidat Stéphane Roudaut, embrassent une stratégie de diabolisation de cette coalition, en soulignant un prétendu éloignement des valeurs socialistes traditionnelles. Pourtant, les protagonistes assurent que cette « fusion technique » n’influera pas sur les politiques futures.
Les limites de l'accord électoral
L'objectif explicite de cet accord entre le Parti Socialiste et LFI est de neutraliser la montée de la droite. Néanmoins, les 12 conseillers LFI ne seront pas en mesure d'exercer une influence significative. Ils ne disposeront pas de postes d'adjoints, ni d'un quelconque pouvoir décisionnel au sein de la nouvelle majorité. Mathématiquement, avec 55 futurs élus, la liste victorieuse pourrait facilement conquérir près de 40 sièges, laissant une opposition minoritaire de 15 ou 16 membres, dont probablement deux du Rassemblement National.
Ainsi, il semble fort probable que François Cuillandre et ses alliés historiques détenaient la majorité absolue, pouvant ainsi appliquer leur programme, indépendamment de LFI. Des mesures telles que la création d'une police municipale pourraient voir le jour, et même le projet controversé du stade Arkéa Park est peu susceptible d'être bloqué, malgré l'opposition prévue de certains élus écologistes et insoumis.
Cet accord, perçu par certains comme un mal nécessaire, témoigne d’une réalité politique où la coalition reste fragile et dépendante des autres acteurs, y compris ceux de la métropole brestoise. Comme le rapportent plusieurs médias locaux, la gauche pourrait bien avoir déjà perdu sa mainmise sur la métropole, rendant cette alliance d’autant plus délicate à gérer.







