C'est l'heure des derniers ajustements avant le second tour des élections municipales, où les manoeuvres politiques prennent une tournure décisive. À Paris, Sarah Knafo, eurodéputée d'extrême droite, a annoncé son retrait dans le but de "faire barrage à la gauche", comme l'a rapporté Le Parisien. Cette décision ouvre la voie à une possible remontée de Rachida Dati, malgré les 12,5 points de retard qu'elle a subis face à Emmanuel Grégoire lors du premier tour.
Dati avait déjà uni ses forces avec Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons, qui a finalement décidé de se retirer. Pendant ce temps, la candidate de gauche Sophia Chikirou reste déterminée à poursuivre sa campagne, tandis que Grégoire a catégoriquement refusé toute forme d'alliance, après une campagne de premier tour particulièrement tendue.
Dans le même temps, Sébastien Delogu, représentant de La France Insoumise à Marseille, a également décidé de se retirer pour éviter une victoire du Rassemblement National (RN), dont le candidat Franck Allisio a montré une forte dynamique en recueillant 35,02% des voix. Delogu a déclaré : "Nous sommes le rempart le plus solide face au RN," avec une récolte de 11,9% au premier tour. Cette décision a été interprétée par Jean-Luc Mélenchon comme un acte de dévouement à la ville de Marseille face à ce qu'il qualifie de "sectarisme aveuglé" de Benoît Payan, le maire sortant.
À Strasbourg, un autre bouleversement s'est produit : Jeanne Barseghian, l'écologiste sortante, a conclu un partenariat avec LFI, tandis que Catherine Trautmann, ancienne maire socialiste, a obtenu le soutien de Pierre Jakubowicz, candidat Horizons. Ceci a entraîné une distance entre Trautmann et le Parti Socialiste, qui l'a désavouée.
La difficile négociation des alliances montre bien les enjeux politiques actuels. Olivier Faure, le leader socialiste, a à peine pu justifier des ralliements qualifiés de "techniques" avec les Insoumis, tout en continuant d'affirmer que leurs programmes n'étaient pas porteurs de discrimination.
Les critiques fusent de toute part, notamment de la droite et du centre. Bruno Retailleau (LR) a qualifié ces alliances d'"hypocrites", tandis que Gabriel Attal de Renaissance a pointé un accord qui dépasse le cadre local. Jean-Luc Mélenchon lui-même a décrit cyniquement les socialistes comme des alliés "faciles à acheter" à l'approche du scrutin.
Dans d’autres localités, comme Bordeaux, la situation devient tendue avec un éventuel duel entre l'écologiste sortant Pierre Hurmic et un candidat Renaissance, Thomas Cazenave, fortement soutenu par des figures éminentes de la droite. Le jeu des alliances et des retraits pourrait entraîner des résultats inattendus lors du prochain tour, et les regards se tournent désormais vers les décisions qui seront prises dans les heures à venir.







