L'insoumis Sébastien Delogu a annoncé mardi son retrait des élections municipales pour "prévenir Marseille de tomber aux mains de l'extrême droite." Cette décision fait suite à l'inquiétude soulevée par la possibilité d'une victoire du Rassemblement national (RN), rendant ainsi plus probable la réélection de Benoît Payan, qui a refusé toute alliance avec La France Insoumise (LFI).
Delogu, qui se positionne comme "le plus solide rempart" face au RN, a enregistré 11,94 % des voix lors du premier tour, se plaçant au quatrième rang. Il a exprimé sa déception quant à l'absence d'accord entre les listes de gauche et a invité ceux qui l'ont soutenu à maintenir leur engagement dans la lutte antifasciste. "Nous ne pouvons pas laisser la jeunesse marseillaise sombrer dans la ségrégation et la misère", a-t-il déclaré, en dénonçant les discriminations systémiques.
Lors d'une réunion au coeur de Marseille, Delogu a clairement énoncé son objectif : "Aucun vote ne doit aller au Rassemblement national." Sébastien Barles, ancien adjoint de Payan, a renforcé ce message en insistant sur la nécessité de faire barrage au RN. Delogu a également critiqué Payan, le qualifiant d'"irresponsable" pour son refus d'une fusion des listes. "Face à l'irresponsabilité d'un homme, nous serons responsables pour un million de Marseillais", a-t-il insisté.
Jean-Luc Mélenchon a également pris la parole sur X, fustigeant "le sectarisme aveugle et l'arrogance" de Payan qui, selon lui, n'ont pas empêché Delogu et ses colistiers d'assumer leur rôle face à l'extrême droite.
Contrairement à d'autres villes françaises comme Lyon ou Brest, où des ententes ont été établies entre les différentes forces de gauche pour contrer le RN, Benoît Payan a rapidement écarté cette option à Marseille. De plus, dès dimanche soir, il avait rejeté l'offre de LFI, affirmant que toute main tendue de leur part ne serait qu'une façade après les tensions passées.
Ce retrait de Delogu pourrait donner un nouvel élan à Payan, qui, d'après plusieurs sondages, se retrouve en concurrence étroite avec le RN pour le second tour. Dans un communiqué, Payan a pris acte de cette décision difficile tout en appelant à l'unité contre le RN, mettant en garde contre une possible "catastrophe sociale, culturelle et économique" pour la ville.
Cette décision a provoqué des réactions diverses, notamment de la droite. Franck Allisio, du RN, a insinué un accord en coulisses et a critiqué la pression exercée sur Delogu. Martine Vassal, candidate de la droite, a dénoncé la stratégie de Payan, affirmant que Marseille était en danger à cause de son alignement avec LFI.







