Dans un contexte où la modernisation des infrastructures ferroviaires est au cœur des préoccupations, une récente étude a conclu que la restauration de la ligne ferroviaire existante entre Bordeaux et Toulouse s'avère insuffisante. Ce rapport, issu d'une analyse approfondie menée par Federico Antoniazzi, ingénieur ferroviaire et directeur du Mastère Spécialisé à l'École des Ponts et Chaussées, souligne les défis techniques et économiques liés à cette option.
Depuis la déclaration d'utilité publique en 2015, le débat entre la création d'une nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) et la réhabilitation de l'infrastructure actuelle fait rage. Le rapport s'appuie sur plusieurs études antérieures, suggérant qu'il est illusoire de penser que l'extension et l'amélioration de la voie existante puissent répondre aux besoins croissants du territoire.
Antoniazzi souligne que les travaux nécessaires, tels que l'élimination des passages à niveau et divers aménagements, seraient non seulement coûteux, mais poseraient également des problèmes d'impact foncier et environnemental significatifs. "Les investissements nécessaires ne justifient pas les gains socio-économiques attendus," affirme-t-il. De plus, la complexité de gérer un réseau ferroviaire mixte — avec des trains à haute vitesse côtoyant des trains régionaux — pose une contrainte majeure sur la capacité de la ligne, car la vitesse opérationnelle est principalement déterminée par le train le plus lent.
Le rapport va même jusqu'à invalidater certaines contre-expertises, comme l'étude Claraco mise en avant par les défenseurs de la rénovation. D'après les données, la construction d'une nouvelle ligne permettrait d'optimiser les horaires et de favoriser la hausse de la part modale du train, augmentant ainsi l'attrait pour les usagers. Pour mémoire, un temps de parcours en LGV Toulouse-Paris pourrait descendre à 3h10, offrant une alternative compétitive face à la voiture et à l'avion.
Les implications de ce rapport vont au-delà des seules considérations techniques, touchant également à la perception publique du transport ferroviaire. Comme l'a déclaré Guy Kaufmann, directeur général de la société SGPSO, "il est essentiel d’investir dans une infrastructure moderne qui encourage l'utilisation des trains, surtout dans une époque où les enjeux environnementaux sont prépondérants." Le débat sur l'avenir du rail en Nouvelle-Aquitaine continue de faire couler beaucoup d'encre, tandis que les autorités doivent maintenant peser soigneusement le pour et le contre de chaque option.







