Après avoir été interpellé par l'armée israélienne lors d'une flotille humanitaire pour Gaza, Mohamed Baba, professeur à l'Université de Clermont-Ferrand, a regagné la France le 22 mai. À son retour, il a relaté des actes de torture subis durant sa détention, révélant des faits alarmants qui interpellent l'opinion publique.
Ses retrouvailles avec sa famille à l'aéroport d'Aulnat étaient teintées de soulagement, mais aussi de d'une colère palpable. Dans un récit poignant, il évoque des heures d'horreur : "Le moindre mouvement entraînait un coup. Par exemple, pour 'écarter les pieds', ils vous assenaient un coup de pied dans les chevilles ; 'baissez-vous', entraînait un coup dans les genoux." Ce traitement brutal, qu’il qualifie de torture, fait écho à des pratiques dénoncées par plusieurs organisations des droits de l'homme comme Amnesty International et Human Rights Watch.
Baba faisait partie d'un convoi de secours qui avait initialement vogué depuis l'Espagne en avril, constitué d'une trentaine de navires à destination de Gaza. Après avoir été intercepté par la marine israélienne, le groupe a été transféré en Israël, où les abus se sont intensifiés. "Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi inhumain", déclare son collègue, le professeur Eric Dupuy, qui a suivi son parcours. "Ce témoignage doit être pris au sérieux et faire réagir les instances internationales, notamment l'Union Européenne."
Les conséquences physiques et psychologiques de cette détention sont nombreuses. Mohamed Baba montre encore les marques des menottes sur ses poignets et la trace d'un coup de muselière infligé par un chien lors des interrogatoires. "Ces gens nous ont déshumanisés, nous relais à un statut animal", insiste-t-il, ajoutant que ces violences vont à l'encontre des lois internationales. "C'est de la barbarie, c'est inadmissible," s’insurge-t-il.
La controverse a pris de l'ampleur suite à la diffusion par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, d'une vidéo montrant des prisonniers maltraités. "Ce que vous voyez dans cette vidéo est une infime partie de la réalité. Les violences quotidiennes ne sont jamais montrées. Nous avons vécu cela dans notre chair," déclare encore Mohamed Baba, qui s'engage à poursuivre son combat pour la Palestine en parallèle de son travail académique.







