Ce vendredi 27 mars 2026, Alexandre Negrus, président de l'Institut d'étude de géopolitique appliquée, a été interviewé sur France Info par Anthony Bellanger et Djamel Mazi. Le sujet principal de cette discussion : le report de l'ultimatum lancé par Donald Trump concernant le détroit d'Ormuz.
Djamel Mazi (France Info) : Cette tendance de Trump à repousser ses ultimatums a déjà été observée lors de ses relations avec Vladimir Poutine et la Ukraine. Il en va de même pour l'Iran, n'est-ce pas ?
Alexandre Negrus : Absolument. Cela démontre une impréparation dans sa stratégie. Le calendrier qu'il propose est souvent inobservé, laissant place à des délais repoussés ou à des annonces précipitées. La façon dont il gère ses relations internationales laisse à désirer, agissant plus comme un promoteur immobilier que comme un homme d'État. Face à l'Iran, un pays qui se prépare depuis 1979, cette approche est particulièrement problématique.
Anthony Bellanger : Certes, mais il est vrai que de précédents présidents américains ont également échoué face au régime iranien. N'est-ce pas un des derniers leviers qu’un politicien pourrait utiliser contre le programme nucléaire iranien ?
Alexandre Negrus : Le défi réside dans la méconnaissance des capacités de résistance de l'Iran. Les États-Unis, bien que puissance maritime mondiale, semblent incapables de résoudre la problématique stratégique que représente le détroit d'Ormuz. Cela s'explique principalement par la préparation asymétrique de l'Iran sur les côtes, un aspect souvent négligé par les grandes puissances maritimes.
Anthony Bellanger : En effet, ce détroit pose plus de problèmes terrestres que maritimes. Les États-Unis, qui n'ont pas une dépendance directe à cette route, semblent minimiser l'impact de cette situation sur l'économie mondiale.
Alexandre Negrus : Il semble que les États-Unis et, probablement Israël, aient sous-évalué le facteur économique au Moyen-Orient. Le partenariat israélo-américain s'est intensifié, et des opérations militaires ont été soigneusement planifiées. Cependant, des stratèges du Pentagone ont averti de la complexité d'une guerre avec l'Iran. Bien que les États-Unis ne dépendent pas uniquement du détroit d'Ormuz, cette voie reste cruciale pour les partenaires commerciaux et l'économie mondiale.
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