L'Union européenne a franchi une étape importante dans sa politique migratoire. Jeudi 26 mars, le Parlement européen a validé la mise en place de « hubs de retour », des centres destinés à renvoyer les migrants en dehors de ses frontières.
Ce nouveau dispositif vise les individus dont les demandes d’asile ont été rejetées et qui doivent quitter le territoire. Cette mesure a été soutenue majoritairement par des États membres et des eurodéputés de droite et d’extrême droite, qui ont exprimé leur satisfaction par des applaudissements lors du vote.
Actuellement, seulement 20 % des décisions d’expulsion prises au sein de l’UE aboutissent. Cette statistique, souvent critiquée par les partisans d’une ligne migratoire plus stricte, a conduit la Commission européenne à proposer des réformes visant à accroître ces expulsions. L'eurodéputé français François-Xavier Bellamy a notamment déclaré : « si vous venez illégalement en Europe, soyez sûr que vous n’y resterez pas ».
Hubs de retour
Les nouveaux hubs permettront aux États membres d’ouvrir des centres pour migrants dans des pays tiers, afin d’y envoyer et possiblement y détenir ceux dont les demandes d’asile ont été rejetées. Ce concept n'est pas inédit : l'Italie a expérimenté un dispositif similaire en Albanie, mais ce dernier a souvent été vide en raison de contestations judiciaires.
De récents accords, comme celui entre le Royaume-Uni et le Rwanda, ont été abandonnés pour des raisons juridiques. Toutefois, un groupe d’États membres, incluant le Danemark et l’Autriche, envisage de relancer des projets pilotes avant la fin de l'année, malgré le scepticisme de certains pays comme la France et l'Espagne.
Le texte récemment adopté introduit également des sanctions plus sévères pour les déboutés d’asile qui refusent de quitter l'UE. Cela inclut la confiscation de documents d’identité, des détentions, ainsi que des interdictions prolongées d’entrée sur le territoire.
Un recul historique
Marta Welander, représentante de l’ONG International Rescue Committee, a qualifié ce vote de « recul historique des droits des réfugiés », craignant pour la sécurité des individus vulnérables, notamment des enfants. Cette évolution du Parlement a suscité des préoccupations quant à la collaboration fructueuse entre élus de droite et d’extrême droite, une alliance qui a provoqué des remous en Allemagne, où des critiques ont été émises, comme le souligne le chancelier Friedrich Merz.
L’eurodéputée écologiste Mélissa Camara a averti : « L’histoire se souviendra que la droite modérée a sonné le glas du peu qui restait du cordon sanitaire », réfutant ainsi la légitimité de cette collaboration dans l'élaboration du nouveau texte.







