Le verlan, une forme d'argot où les syllabes des mots sont inversées, remonte à une époque bien antérieure au XXe siècle. Bien que souvent associé aux rappeurs des années 1990, ses racines s'étendent jusqu'au Moyen Âge.
Comme l'explique Le Petit Larousse, le verlan est un “argot codé par lequel on inverse, souvent approximativement, les syllabes des mots”. Prenons l'exemple de ripou, qui signifie pourri. Cela illustre parfaitement ce mécanisme linguistique.
Étonnamment, le terme verlan lui-même est une inversion de l'envers, ce qui en fait un exemple charmant de ce procédé. Dans le jargon linguistique, cela est qualifié de métathèse, une manipulation où les lettres ou syllabes se déplacent dans les mots, comme on peut le voir avec des termes tels qu'aréoport pour aéroport ou pestacle pour spectacle.
Un flou sur les dates d'apparition du verlan
Il est donc faux de penser que le verlan est une invention récente. Des artistes plus anciens, comme le chanteur Renaud dans les années 70 avec sa célèbre chanson Laisse béton, l'avaient déjà popularisé. Selon Jean-Paul Colin, auteur du Dictionnaire de l’argot français et de ses origines, le verlan pourrait même remonter au XVIIe siècle, lié aux mazarinades — ces pamphlets satiriques contre le cardinal Mazarin durant la Fronde, période de révoltes contre l’autoritarisme sous Louis XIV.
Cette tradition linguistique a donc su traverser les âges, témoignant d'une dynamique intergénérationnelle où chaque époque recycle et réinvente le langage. Pour en savoir plus sur l'évolution du verlan et son impact dans la culture contemporaine, consultez les travaux de France Culture, qui explore en profondeur ce sujet passionnant.







