Un scrutin aux conséquences lourdes pour Giorgia Meloni se profile. Alors que les Français votent pour élire leurs représentants municipaux, les électeurs italiens se retrouvent face à un référendum potentiellement périlleux pour la Première ministre. Ce vote porte sur une réforme judiciaire qu'elle a elle-même initiée, mais qui pourrait lui causer des ennuis. Voici les points clés à retenir.
Une réforme controversée sur l'indépendance judiciaire
La réforme, que ses détracteurs qualifient d'atteinte à l'autonomie judiciaire, vise à dissocier les carrières des juges et des procureurs. Elle propose également des modifications au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui supervise le corps judiciaire. Meloni défend ce projet en le présentant comme une nécessité pour garantir l'impartialité, déclarant dans une vidéo : « c’est une occasion historique de rendre le système judiciaire plus méritocratique, plus responsable, plus efficace ».
À l'inverse, ses opposants, notamment Elly Schlein, présidente du Parti démocrate (centre-gauche), dénoncent une manœuvre qui ne cible pas les véritables problèmes comme les délais judiciaires interminables ou la surpopulation carcérale. Cette votation pourrait également se transformer en un référendum sur la légitimité de Meloni alors que les élections législatives approchent.
Les points essentiels de la réforme
Selon les critiques, la réforme séparerait le CSM en deux entités distinctes, l'une dédiée aux juges et l'autre aux procureurs. De plus, une nouvelle cour disciplinaire serait instaurée, composée de 15 membres. Ce nouvel organe pourrait, d'après l’avocat pénaliste Franco Moretti, devenir « un instrument politique » manipulé pour contrôler le pouvoir judiciaire. « Cela pourrait servir à régler des différends avec des juges qui s'opposent au gouvernement », a-t-il affirmé.
Un des aspects de la réforme stipule également que les juges et procureurs ne pourraient plus passer d'un secteur à l'autre, sauf dans de très rares cas, ayant déjà limité cette possibilité à une seule fois dans les dix premières années de carrière.
Les conséquences d'un échec
Un échec lors de ce référendum serait un revers significatif pour Meloni, qui dirige un gouvernement de coalition depuis octobre 2022. Malgré cela, elle a exclu toute idée de démission en cas de défaite, insistant sur la nécessité de maintenir son cap politique.
Les bureaux de vote fermeront lundi à 14H00 GMT, avec des résultats prévus le même jour. Les derniers sondages montrent une lutte serrée entre les partisans et opposants de la réforme.







