Le parlement portugais a récemment pris une décision significative qui pourrait avoir un impact majeur sur les droits des personnes transgenres. Lors d'un vote en première lecture, les législateurs ont adopté des textes législatifs promus par le Parti social-démocrate, l'un des principaux partis de la coalition au pouvoir, en réintroduisant l'obligation de fournir un avis médical pour tout changement de genre à l'état civil. Cette mesure remet en cause le principe d'autodétermination instauré il y a huit ans, qui permettait previously ce changement sur simple déclaration pour toute personne à partir de l'âge de 16 ans.
Lors du débat précédent le vote, la députée Andreia Neto a déclaré : "Des décisions de cette nature ne devraient pas être prises sans l'accompagnement clinique nécessaire." En contraste, Isabel Moreira, députée du Parti socialiste, a dénoncé ces textes comme une atteinte à la santé et à la dignité des personnes trans et intersexes. Elle a exprimé ses préoccupations quant aux implications que cette réforme pourrait avoir sur la communauté.
Ce changement législatif a suscité des oppositions vives de la part d'associations de défense des droits des minorités, ainsi que de professionnels de la santé. L'Association pour le planning familial a mis en garde contre un "recul politique", tandis que la Société portugaise de sexologie clinique a qualifié cette mesure de "scientifiquement infondée" et potentiellement nuisible pour une population déjà vulnérable.
De son côté, l'organisation ILGA-Europe a appelé le parlement à rejeter ces textes, soulignant que cette tendance à cibler les droits des personnes trans et intersexes n'est pas isolée, mais fait partie d'un phénomène plus large observé dans plusieurs pays européens. "Ce qui se passe au Portugal ne surgit pas de nulle part. Beaucoup de partis jouent sur la peur, en évoquant le 'sexe biologique' ou la 'protection de la famille' pour justifier des reculs en matière de droits," a lamenté un représentant de l'ONG.
Les prochaines étapes incluront la fusion des propositions de loi en un texte unique, qui sera à nouveau soumis à un vote final. De nombreux observateurs et défenseurs des droits humains restent vigilants face à une situation qui pourrait encore évoluer.







