Le 13 mars, un officier du porte-avions Charles-de-Gaulle a dévoilé, par inadvertance, la position actuelle du groupe aéronaval français en partageant son parcours de footing via l'application Strava. Bien que le porte-avions soit facilement détectable, cette négligence numérique soulève des inquiétudes, comme l'indique Louis Vildé, spécialiste en sécurité et défense. Il souligne l'irresponsabilité de banaliser une telle erreur.
Techniquement, certains voudraient tempérer l'incident en notant que des opérations militaires ont déjà été repérées grâce à des données GPS. Au-delà de ce côté, il souligne que, même si le Charles-de-Gaulle est visible par des systèmes sophistiqués, diffuser des informations précises, exploitables en temps réel, à travers une application accessible est une autre affaire. Vildé déclare : « On passe d’un renseignement complexe à une fuite triviale accessible à n'importe quel acteur malveillant. »
Cette situation dépasse de loin le simple cas du porte-avions. L'ère des drones à bas coût rend cette négligence encore plus préoccupante. Comme le souligne Vildé : « Nous parlons ici de la sécurité d'agents sur le terrain, tels que des gendarmes et des policiers, qui mettent leur vie en danger. Une simple trace GPS dans ce contexte devient problématique. » Il fait également référence aux opérations du Mossad, qui montrent que les informations divulguées peuvent avoir des conséquences graves pour la sécurité nationale.
Ce qui heurte Vildé, c'est la réaction face à cet incident. Selon lui, ces préoccupations sont souvent traitées comme des débats théoriques, alors qu'il ne s'agit que d'une question de sécurité opérationnelle. « La DGA, bien que performante dans le développement de systèmes, semble avoir du mal à s'adapter à ces nouvelles réalités. Il est essentiel qu'ils reçoivent du soutien. »
Banaliser de telles erreurs, c'est accepter qu'un jour une position critique soit compromise, engendrant des conséquences humaines graves.
Des solutions existent pourtant au sein de l'écosystème industriel de défense française, pas seulement chez les grands groupes qui captent la majorité des fonds. Vildé rappelle qu'il y a des ingénieurs innovants qui pourraient répondre à ces défis.
Il demande comment il se fait qu'une solution française capable de faciliter la communication sans carte SIM ne soit pas disponible à bord. « Son coût reste abordable, environ 40 euros par mois. »
Vildé conclut avec fermeté. Ignorer de telles erreurs est dangereux : c'est compromettre la sécurité sur le terrain et mettre des vies en danger.
Aucune de ces préoccupations n'est nouvelle, et c'est précisément ce qui rend cette situation inacceptable. Si la DGA ne change pas sa manière d'aborder ces erreurs, l'avenir du porte-avions « France-Libre » sera en péril. Patrick Pailloux, le directeur actuel de la DGA, a déjà été impliqué dans des incidents similaires, rappelant qu'une leçon pertinente parait encore inaperçue.
En 2018, alors qu'il dirigeait la DGSE, l'utilisation d'applications de fitness avait déjà mis en danger des militaires. Ce même schéma se répète aujourd'hui, démontrant un manque d'apprentissage face aux nouvelles menaces numériques.







