Le gouvernement britannique a récemment annoncé un partenariat novateur avec le Nigeria, en vue de simplifier les expulsions de migrants en situation irrégulière. C'est lors de la visite officielle du président nigérian Bola Tinubu au Royaume-Uni que cet accord a été révélé.
D'après un communiqué du ministère de l'Intérieur britannique, cet accord permettra d'expulser plus aisément les migrants illégaux, les étrangers condamnés par la justice, ainsi que les demandeurs d'asile dont les requêtes ont été rejetées. Cela signifie que ces expulsions pourront se réaliser de manière plus efficace et rapide.
Un changement majeur inclut la reconnaissance d'un document d'identité provisoire pour les migrants dépourvus de passeport valide, selon les précisions du Home Office. Ce nouveau protocole garantit que le Royaume-Uni ne sera plus contraint d'attendre l'émission de documents de voyage d'urgence par le Nigeria lors des expulsions souhaitées vers ce pays, le plus peuplé d'Afrique.
Au cours de cette visite d'État, qui marque la première d'un dirigeant nigérian depuis près de 40 ans, le président Tinubu a discuté avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, faisant mention des défis internationaux tels que le terrorisme.
« Ce à quoi nous faisons face n'est pas une question triviale », a déclaré M. Tinubu, en référence à la récente vague de violences, dont des attentats-suicides qui ont causé la mort de 23 personnes lundi dernier à Maiduguri, au nord-est du Nigeria, l'un des épisodes les plus tragiques de ces dernières années.
« Ni le Nigeria, ni la Grande-Bretagne ne sont à l'abri », a-t-il ajouté, soulignant l'importance d'une coopération internationale face à ces menaces. Le Nigeria est confronté à une insurrection jihadiste depuis 2009, une situation que les États-Unis décrivent comme un « génocide » contre la population chrétienne, bien que cette qualification soit vivement contestée par le gouvernement nigérian.
Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre le Royaume-Uni et le Nigeria afin d'améliorer les réponses face à la criminalité transnationale et au terrorisme, selon des déclarations échangées à Downing Street.
Cette rencontre a également coïncidé avec l'annonce d'un contrat de 70 millions de livres (plus de 81 millions d'euros) par le sidérurgiste British Steel pour des travaux portuaires au Nigeria, l'une de ses plus importantes commandes à l'exportation.
British Steel fournira 120.000 tonnes d'acier, permettant ainsi d'accroître la production sur son site de Scunthorpe, dans le nord de l'Angleterre. Le Nigeria, anciennement colonie britannique et indépendant depuis 1960, fait partie du Commonwealth et renforce ainsi ses liens commerciaux et sécuritaires avec le Royaume-Uni, élargissant leur alliance fondée sur un partenariat stratégique conclu en novembre 2024.
Lors de sa visite, le président et son épouse Oluremi Tinubu ont également eu l'opportunité d'être reçus par le roi Charles III et la reine consort Camilla à Windsor, marquant cette journée par une somptueuse réception qui s'est conclue par un banquet d'État.
La dernière visite d'État d'un président nigérian au Royaume-Uni remonte à 1989, faisant de cet événement une étape significative dans les relations bilatérales.







