L'essentiel
- Le détroit d'Ormuz, vital pour le transit pétrolier mondial, est actuellement menacé par des tensions avec l'Iran.
- Les oléoducs des Émirats et de l'Arabie Saoudite tentent de compenser la baisse des exportations, mais leur capacité reste insuffisante.
- Les experts préviennent que ces infrastructures pourraient également devenir des cibles.
Depuis le 28 février, le détroit d'Ormuz, par où transitent chaque jour 20% du pétrole mondial, est devenu une zone de guerre suite aux menaces de l'Iran. Selon des rapports récents de Le Monde, l'Iran a menacé de frapper tout pétrolier essayant de passer par ce passage crucial de 39 km. Ce contexte remet en question les stratégies d'exportation des pays voisins.
Pour compenser la situation, l'Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis (EAU) cherchent à maximiser l'utilisation de leurs oléoducs. L'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie Saoudite, reliant Abqaiq à Yanbu, a récemment battu des records d'exportation, atteignant 5,9 millions de barils par jour. Cependant, selon Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, cette capacité devrait atteindre 7 millions de barils dans les prochains jours.
Capacités limitées et menaces persistantes
Tandis que l'oléoduc des Émirats permet d'exporter du pétrole vers le port de Fujairah, il ne peut soutenir qu'1,8 million de barils par jour. Les deux oléoducs réunis n'atteignent pas la moitié de la capacité du détroit d'Ormuz, soulignant la fragilité des solutions actuelles. Francis Perrin, expert en relations internationales, souligne que ces infrastructures pourraient également devenir des cibles de l'Iran ou des Houthistes yéménites.
Un manque de solutions viables
Pour l'instant, aucune alternative n'est en mesure de reproduire l'efficacité du détroit d'Ormuz. Les échanges globaux de pétrole et de gaz naturel sont en danger, et la situation risque d'affecter gravement l'économie mondiale, comme l'indique le consultant Stéphane Audrand. La question cruciale demeure : comment la communauté internationale peut-elle gérer les implications d'une telle crise pétrolière ?







