C’est une étape attendue mais qui met la France sous pression. Le Paraguay a ratifié mardi l'accord de libre-échange entre
l'Union européenne et le Mercosur, devenant ainsi le dernier pays du bloc sud-américain à faire ce choix.
La Chambre des députés a voté à l’unanimité en faveur de cette adoption, finalisant le long processus de ratification qui crée la plus vaste zone de libre-échange mondiale, réunissant les 27 États membres de l'UE et les fondateurs du Mercosur. Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay avaient également ratifié cet accord ces dernières semaines, après 25 ans de négociations.
Des répercussions sur les droits de douane
Juan Manuel Añazco, député paraguayen, qualifie cet accord de « document historique », en précisant que **93 % des exportations du Mercosur** bénéficieront d'un accès sans droits de douane sur le marché européen.
Le président paraguayen, Santiago Peña, a qualifié cet accord de décision stratégique face aux tensions mondiales. Lors d'un forum organisé par la Banque interaméricaine de développement (BID), il déclarait : « Promouvoir une coopération entre régions partageant des valeurs et une vision tournée vers le commerce international envoie un signal majeur au monde. »
Une zone de libre-échange pesant lourd
L'accord Mercosur-UE engendre une zone de libre-échange représentant **30 % du PIB mondial** et plus de **700 millions de consommateurs**. Cet accord permettra à l'UE d'accroître ses exportations de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine, tout en facilitant l'entrée en Europe des produits alimentaires tels que la viande bovine, les volailles, le sucre, le riz, le miel et le soja.
Cependant, pour les détracteurs, cet accord représente une menace pour l'agriculture européenne, étant donné qu'il pourrait amener des produits importés à des prix inférieurs, souvent en décalage avec les normes de l'UE.
Initialement, l'application du traité avait été suspendue par un vote du Parlement européen, qui a saisi la justice européenne pour vérifier sa conformité. Néanmoins, à la fin du mois de février, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé que l'accord entrerait en vigueur de manière provisoire, une décision controversée en France, perçue comme une menace pour les agriculteurs locaux.







