INFO ICI Normandie. Jeudi 11 juin 2026, un policier du commissariat de Rouen a été mis en examen pour corruption et consultation illégale de fichiers de police. À 45 ans, ce gardien de la paix est soupçonné d’avoir réalisé des levées d’immobilisation de véhicules contre paiement. Sa présumée complicité, une femme de 27 ans, a également subi les mêmes accusations et a été placée en détention provisoire.
Cette affaire a émergé grâce à un nouveau dispositif de l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, conçu pour détecter les usages anormaux des fichiers. Selon le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, les premiers signalements datent de juillet 2025. La direction interdépartementale de la police nationale a alors alerté le parquet, suspectant le fonctionnaire de corruption.
Paiements illicites pour des fichiers sensibles
Les enquêtes menées par l'IGPN de Rennes ont mis en évidence que ce gardien de la paix a consulté un total de près de 2.500 fichiers de police et procédé à plus de 700 interventions sur l'ensemble du territoire. Les investigations ont confirmé qu’il avait reçu plusieurs dizaines de milliers d'euros pour ces actes frauduleux. Une partie de l'argent a été saisie, et la femme impliquée, soupçonnée d’avoir transmis les informations à des clients, a été identifiée dans la région lyonnaise.
Le 10 juin, les deux individus ont été placés en garde à vue. Ils font face à des accusations de "corruption, détournement et complicité de détournement d'un système de traitement de données par l'État, en bande organisée, violation du secret professionnel et blanchiment", a ajouté le procureur à ICI Normandie.
Il est également à noter que les cas de corruption au sein de la police ont grimpé de 70% ces dernières années. Stéphane Hardouin, directeur de l'inspection générale de la police nationale, a confirmé cette tendance alarmante, indiquant que de nouveaux dispositifs de surveillance basés sur des algorithmes sont en cours pour identifier les comportements anormaux dans l'accès aux fichiers sensibles. Dans cette affaire, le niveau d'accès dont bénéficiait ce gardien ne justifiait pas une utilisation aussi extensive des informations policières. L'enquête est poursuivie sous la direction d’un juge d’instruction.







