Des "leviers d'action" possibles existent pour contrer le masculinisme, souligne Tristan Renard, sociologue et membre du Centre de ressources en santé mentale pour la prévention des processus de radicalisation (Cresam) à Toulouse. À une époque où ces mouvances connaissent une montée inquiétante en France, il est essentiel d'agir pour prévenir des dérives.
Qu'est-ce que le Cresam ?
Le Cresam regroupe une équipe pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues et sociologues, dont la mission est d'assister les professionnels du secteur médico-social, de la protection de l'enfance et de la justice face à des cas de radicalisation. Ces situations incluent des peurs concernant des actes de violences, et souvent, sont liées à des pensées somme toute déséquilibrées autour du genre, pouvant mener à des comportements extrêmes.
Les différents types de radicalité
Renard distingue quatre formes de radicalité. La radicalité instrumentale, où l'individu utilise des discours extrêmes pour provoquer et attirer l'attention, et la radicalité structurée, où certains adoptent un parcours de vie marqué par une rupture avec leurs anciennes relations. La rare radicalité d'impasse biographique, souvent observée chez des individus en situation de délinquance, et enfin, la radicalité de retrait, qui tisse des liens avec l'isolement souvent ressenti par les adolescents.
Pourquoi certains adhèrent-ils aux discours masculinistes ?
Il est difficile de dresser un profil type pour ces individus, mais des facteurs tels que le harcèlement à l'école, l'isolement social et les difficultés familiales augmentent les chances d'adhésion à ces discours. La détection précoce des comportements violents devient alors cruciale pour éviter que des jeunes ne succombent à ces idéologies toxiques.
Quels leviers pour la prévention ?
Les experts insistent sur la nécessité de dépasser les simples discours et de se concentrer sur l'expérience vécue des jeunes. Par exemple, les inégalités de genre dans le milieu scolaire peuvent renforcer des croyances masculinistes. Des approches éducatives mixant les genres dès le plus jeune âge ainsi qu'une régulation adéquate des contenus en ligne sont des solutions à envisager. Renard note que la prolifération de la propagande masculiniste, qui promeut la violence contre les femmes, nécessite également une attention urgente des autorités.
L’Etat face à la menace
La réaction de l'État est souvent perçue comme tardive, s’inquiète Renard. Selon lui, la violence masculiniste ne doit pas être considérée uniquement sous l'angle du terrorisme, mais également comme un phénomène s'insinuant dans des sphères privées. Il cite d'ailleurs l’affaire tragique du double féminicide dans l'Aveyron, où les signes de radicalisation de l'auteur étaient visibles depuis des années.
Pour conclure, la lutte contre les mouvances masculinistes passe nécessairement par une approche proactive intégrant l'éducation, la régulation de l'information et la prise en charge des jeunes à risque. La France doit s'engager pleinement pour prévenir la radicalisation avant qu'il ne soit trop tard.







