Les femmes de ménage de la raffinerie de Donges, situées en Loire-Atlantique, ont décidé de relancer leur grève après une pause, espérant de meilleures négociations avec leur employeur, la société GSF. Henda Roulet, déléguée CGT, exprime la colère des salariées : "Ce qui nous a été proposé est simplement indécent." Les grévistes, qui entament leur troisième semaine de mobilisation, réclament une "compensation financière" qui reflète la pénibilité de leur travail quotidien.
Installées de nouveau devant l’accès de la raffinerie, elles sont entourées d'éléments chaleureux mais déterminés, comme en témoigne l'ambiance, rythmée par les airs de Céline Dion. Ces femmes, souvent sous-payées et surchargées, affirment que leurs conditions de travail, particulièrement dans un site classé Seveso, ne sont pas prises en compte. Isabelle, après 18 ans de nettoyage des équipements de la raffinerie, raconte l'ampleur de sa tâche et les risques encourus : "Nous respirons des produits chimiques au quotidien, et la pénibilité de notre travail n'est pas reconnue."
Les salariées expriment leur besoin urgent d'améliorations salariales, spécifiant : "Nous ne demandons pas la lune, juste une prime ou un 13ème mois pour compenser nos efforts." Depuis quatre ans, leurs salaires stagnent alors que la charge de travail s’accroît. "On ne vit pas, on survit," déclare Orlane, mentionnant l'impact de l'inflation sur leurs budgets.
La solidarité est palpable parmi les grévistes, soutenues par les syndicats qui contribuent à leur caisse de grève. Un délégué syndical pointe le lien entre sous-traitance et mauvaises conditions de travail : "Si TotalEnergies ne négociait pas ses contrats à la baisse, les entreprises auraient plus de marge pour améliorer les conditions de travail de leurs employés."
En attendant que les négociations avancent, GSF a fait appel à d'autres salariées pour assurer le ménage, ce qui soulève des interrogations sur l'efficacité de cette solution temporaire. GSF Celtus Ouest, basé à Trignac, emploie environ 270 personnes dans le secteur nettoyage. Leur siège à Nice a refusé de commenter la situation, tout comme TotalEnergies, qui préfère rester discret sur ce dossier.
Ce qui est sûr, c'est que ces femmes déterminées ne comptent pas abandonner leur combat, jusqu'à ce qu'elles obtiennent reconnaissance et respect. "C'est un combat qui dépasse notre seule raffinerie," conclut Henda Roulet, en revendiquant une lutte pour l'ensemble de la profession.







