Lors d'une intervention à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a mis en avant l'urgence de renforcer les capacités militaires de la France en annonçant des commandes additionnelles de munitions. Ce plan s'inscrit dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM), qui sera actualisée et présentée au Parlement dans les mois à venir.
"L'urgence, ce sont évidemment les munitions. Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030, qui s'ajoutent aux 16 milliards de la LPM votée en 2023. C'est indispensable et colossal", a déclaré Lecornu, soulignant la nécessité de soutenir la capacité de défense dans un contexte international en tension.
La LPM actualisée sera officiellement présentée en Conseil des ministres le 8 avril prochain, avant d'être débattue à l'Assemblée nationale et au Sénat. Selon des sources proches du dossier, cette initiative vise à répondre à une demande croissante en munitions, exacerbée par les conflits en cours au Moyen-Orient et l'évolution des menaces géopolitiques.
Une réunion à Matignon sur "l'économie de guerre" reportée
Une réunion qui devait rassembler Sébastien Lecornu et plusieurs ministres, afin de discuter de l'économie de guerre de la France, a été reportée. Cette rencontre, importante pour évaluer la préparation industrielle face aux besoins militaires, était initialement prévue avant les récents bouleversements géopolitiques.
Les ministres présents lors de cette réunion incluaient Catherine Vautrin, en charge des Armées, et David Amiel, responsable des Comptes publics. Des experts en défense tels que le chef d'état-major Fabien Mandon et Patrick Pailloux, délégué général pour l'armement, étaient également attendus pour analyser les défis à venir.
"Le Premier ministre souhaite dresser un bilan clair des efforts menés en matière de défense au cours des trois dernières années, tout en insistant sur la nécessité d'amplifier ces efforts face à l'évolution rapide de la situation internationale", a affirmé un membre de Matignon.
S'interrogeant sur la capacité des industriels à honorer ces nouvelles commandes, cette réunion devait servir à établir des perspectives claires pour l'avenir de l'armement en France, afin d'assurer une défense solide contre les menaces potentielles.







