Josiane Frétier, ancienne déléguée de la CGT aux Forges de Tarbes, fait face à une action en justice de la part d’Europlasma, l'entreprise qui a repris ce site industriel en 2021. Le groupe le poursuit pour ce qu'il qualifie d'« atteinte à la réputation du groupe » suite à ses déclarations sur des médias tels que Ouest-France, le Télégramme et le Point.
Cette procédure, qui se tiendra en avril à Bordeaux, est vue par ses collègues comme une forme de répression visant à faire taire les critiques. Frétier a exprimé ses préoccupations concernant l'état préoccupant de l'usine, notamment après le départ inattendu d’un directeur, qui avait également soulevé des questions sur la transparence et les engagements d'Europlasma.
Le groupe exige 35 000 euros de dommages et intérêts, arguant que les critiques de Frétier mettent en péril ses opérations et ses projets de reprise concernant d’autres sites, dont Novasco.
Une situation financière préoccupante
Le directeur d’Europlasma, Jérôme Garnache-Creuillot, affirme que les déclarations de l'ancienne déléguée nuisent à l'honneur de l'entreprise. Selon l'avocat, ces propos pourraient avoir des répercussions négatives sur l'image de la société face au public.
José Navarro, représentant de la CGT des Finances publiques à Tarbes, s'inquiète de cette « procédure-bâillon » qui, selon lui, vise à intimider ceux qui critiquent la direction. « La sécurité des employés et la pérennité du site sont mises en danger », déclare-t-il, soulignant que l'usine n’a produit que 70 000 corps d’obus l’année dernière, bien en deçà des 150 000 prévus.
Navarro précise : « Il s’agit d’une tentative claire d’intimidation qui pourrait dissuader d’autres voix de se faire entendre ». De plus, une pétition de soutien a été lancée par le syndicat, soulignant l'importance des organisations dans la protection des droits des travailleurs.
Frétier doit également comparaître devant une commission parlementaire le 2 avril, dédiée à examiner l'impact des fonds spéculatifs sur le tissu industriel français, dont Europlasma fait partie. Cette attention médiatique pourrait attirer davantage de lumière sur les pratiques douteuses de l'entreprise.







