Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, est actuellement en Australie pour une visite de trois jours, visant à peaufiner les derniers détails d’un accord de libre-échange prévu depuis 2018. Cet acte, considéré comme une étape majeure dans le renforcement des partenariats internationaux de l’Europe, vise à établir des relations commerciales plus fluides entre les deux régions.
Ce nouvel accord, qui devrait supprimer la plupart des droits de douane, permettrait à l’UE d'accéder à des ressources clés, notamment des matériaux critiques et de l’hydrogène, vitaux pour la transition énergétique. L'Australie, riche en ressources comme le lithium, le cobalt et les terres rares, se positionne comme un partenaire commercial essentiel pour l'Europe, particulièrement dans le secteur des batteries pour véhicules électriques.
En contrepartie, l’Australie espère obtenir un meilleur accès au marché européen pour ses produits agricoles, en particulier pour le bœuf et l’agneau. Toutefois, ce sujet suscite des tensions, ayant contribué à la suspension des négociations en octobre 2023. L'Australie a proposé une limite de 40.000 tonnes pour les exportations de bœuf, tandis que l’UE représentait un compromis à 30.000 tonnes. Dans ce contexte géopolitique instable, les négociations sont actuellement marquées par des concessions mutuelles. Un assouplissement des taxes sur les voitures de luxe européennes pourrait également être envisagé, tandis que des indications géographiques européennes, telles que le parmesan et le prosecco, continueraient d'être protégées en Australie.
Dans une tribune parue dans plusieurs médias européens, dont Ouest-France, Ursula von der Leyen souligne que cet accord pourrait accroître le PIB de l’Europe de 4 milliards d’euros d’ici 2030. Cependant, cette initiative ne fait pas l'unanimité, notamment au sein des syndicats agricoles qui réclament l’exclusion des viandes rouges de l’accord. Interbev, l’organisation française des viandes, a récemment interpellé Emmanuel Macron sur les standards de production en Australie, affirmant que l’accord pourrait encourager des pratiques que l’Europe considère inacceptables.
Les agriculteurs européens, déjà inquiets après la ratification de l'accord avec le Mercosur, qui entrera en vigueur prochainement, craignent que cet accord ne compromise davantage leurs intérêts. En revanche, en Australie, les perspectives semblent plus favorables avec des estimations selon lesquelles l’accord pourrait rapporter près de 10 milliards de dollars australiens par an (environ 6 milliards d'euros) au pays. Les discussions portent donc un enjeu crucial pour définir les frameworks commerciaux mondiaux dans un avenir proche.







