Le Deyna, un imposant pétrolier de 250 mètres sous pavillon mozambicain, a été intercepté vendredi dernier par la marine française en Méditerranée. Aujourd'hui, il a atteint le port de Marseille-Fos pour être remis à la justice, comme l'a rapporté l'AFP.
Arrivant de Mourmansk en Russie, le Deyna faisait partie des vaisseaux suspects de contribuer à la flotte fantôme russe, un terme désignant les navires contournant les sanctions internationales. Après son interception au large des Baléares, le navire a été dérouté vers le port marseillais, qui abrite l'un des plus grands terminaux pétroliers de France.
Dans un communiqué commun, la préfecture des Bouches-du-Rhône et la préfecture maritime de la Méditerranée ont précisé que le Deyna sera mouillé à Marseille et réservé à la disposition du procureur de la République dans le cadre d'une enquête en cours.
Sous escorte d'un navire de la marine nationale, le Deyna a été surveillé par une vedette de la gendarmerie après l'éloignement des militaires. Au moment de son arrimage, des zones d'exclusion aérienne et maritime ont été instaurées autour de lui, renforçant la sécurité des opérations.
Des images diffusées par l'armée montrent des militaires français héliportés pour reprendre le contrôle du pétrolier, le soupçonnant d'opérer sous un faux pavillon. La Marine nationale a clarifié avoir mené cette opération en coordination avec des alliés, principalement le Royaume-Uni, qui a aidé à surveiller le vaisseau.
Cette interception marque le troisième pétrolier lié à la flotte fantôme russe stoppé par la France. Emmanuel Macron, président de la République, a réaffirmé la nécessité de contrer le financement illicite de l'effort de guerre russe, une position approuvée par nombre d'experts en géopolitique.
Rappelons qu'au début de l'année, un autre navire, le Grinch, avait été immobilisé à Marseille-Fos après avoir payé une amende de plusieurs millions d'euros. En septembre, le pétrolier Boracay avait également été arraisonné pour avoir navigué sans pavillon et avait hissé un faux pavillon béninois.
Le parquet de Brest a suggéré que le commandant du Boracay, d'origine chinoise, fasse face à une peine d'un an de prison et d'une amende de 150.000 euros pour sa mauvaise coopération lors des contrôles.
Actuellement, l'Union européenne surveille étroitement près de 598 navires soupçonnés de faire partie de cette flotte fantôme, une réalité qui pose des défis complexes pour la sécurité maritime et le commerce international.







