La récente flambée et la fluctuation des tarifs des carburants, conséquence directe des tensions au Moyen-Orient, affectent gravement les professionnels du transport. En particulier, en Provence, cette situation impacte lourdement le secteur consacré à l'acheminement des produits agricoles, faisant craindre un effet domino dans toute la filière.
Au marché d'intérêt national de Chateaurenard, un grossiste en légumes témoigne : "Dans mon camion, j'ai 28 palettes, principalement des salades, pour un trajet de près de 800 km vers Alençon. La hausse des prix du baril affecte directement mes coûts." En effet, pour un voyage retour de 1600 km, le coût en gasoil s'élève désormais à 300 euros de plus, s'alarme cet entrepreneur qui doit répercuter cette majoration sur ses tarifs.
Pour préserver sa rentabilité, celui-ci envisage d'augmenter le prix de ses produits de quelques centimes : "Nous avons l'intention d'ajuster nos prix, par exemple, passer de 1,50 € à 1,55 € ou 1,60 € le kilo. Nous avons déjà les explications prêtes pour nos clients si besoin."
La tension liée aux prix du carburant est devenue une préoccupation constante pour tout le secteur du transport. À l'heure actuelle, le gasoil a enregistré une hausse de 14,8 %. Un patron routier, inquiet, fait ses calculs jour après jour, observant le prix du brut.
Faut pas perdre une goutte
À Eyrargues, un transporteur ironise sur la nécessité de ne pas perdre une goutte de carburant, alors que sa flotte de 24 camions doit faire face à des coûts explosifs : "Prendre 17 000 euros de plus en 10 jours pour le même volume de carburant n'est pas tenable, je n'ai pas cette marge !" prévient Jean-Yves Astouin, président de la Fédération des transporteurs routiers Paca.
Ce surcoût, inévitablement, sera répercuté sur les consommateurs, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix sur les étals. La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) appelle l'État à réagir pour ajuster les délais de répercussion des hausses de carburant, afin de rester compétitifs.
"On demande que cette répercussion soit mieux synchronisée pour permettre aux entreprises de s'adapter plus rapidement aux fluctuations." Les professionnels du secteur se retrouvent également sous pression, leurs clients étant impactés par le conflit. Les stocks de vins de Provence stagnent, en raison de la baisse des commandes en provenance d'acheteurs étrangers, notamment à Dubaï.
Article écrit avec Frédéric Dotte, journaliste à France 3-Ici Provence-Alpes.







