Un nouveau navire amiral, promettant des avancées technologiques majeures, sera présenté par Emmanuel Macron mercredi à Indre, près de Nantes. Ce porte-avions moderne, équipé de drones et de trois catapultes, marque le début d'un vaste projet de construction.
Le président de la République doit arriver sur le site du constructeur Naval Group aux alentours de 15H00. Ce chantier d'envergure débutera par la fabrication des deux chaufferies nucléaires indispensables au fonctionnement du bâtiment.
Ce géant des mers remplacera le Charles de Gaulle à l'horizon 2038. Le 9 mars dernier, Emmanuel Macron avait effectué une visite remarquée à bord de ce dernier, alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale, dans un contexte géopolitique tendu.
La décision de construire ce porte-avions de nouvelle génération a été prise en décembre, concrétisant un projet qui mûrissait depuis 2018. La cérémonie de mercredi pourrait être l'occasion de révéler son nom, alors que la construction de sa coque à Saint-Nazaire est attendue à partir de 2031.
Plusieurs noms emblématiques sont avancés : "Richelieu", "François Mitterrand", "Marie Marvingt", figure pionnière de l’aviation, ou "Simone Veil", une grande femme politique française. Ces spéculations alimentent l'attente avant le verdict présidentiel.
Les derniers porte-avions portaient des noms prestigieux de l'histoire militaire et politique, comme Charles de Gaulle et Georges Clemenceau. Emmanuel Macron pourrait également faire un choix distinctif, exprimant sa vision de la France et de sa puissance sur la scène mondiale.
Dans un clip partagé sur X, il parle de "France is wild" (La France c'est fou), illustré par des images impressionnantes de matériel militaire et des avancées technologiques, y compris un clin d'œil à l'astronaute Sophie Adenot, en mission dans l'espace.
Ce nouveau porte-avions représente un investissement colossal d'environ 10 milliards d'euros sur deux décennies et deviendra le plus grand navire militaire jamais construit en France, avec un poids de 77 000 tonnes contre 42 000 pour le Charles de Gaulle, comme l'a souligné l'Élysée.
Actuellement, seuls les États-Unis possèdent des porte-avions nucléaires, tandis que la France est le seul autre pays à en avoir. D'autres nations, comme la Chine et l'Inde, disposent de porte-avions à propulsion classique.
Ce bâtiment symbolisera la force militaire française au moment où Emmanuel Macron insiste sur l'importance de l'effort de défense, illustré par son récent discours sur la dissuasion nucléaire et une coopération renforcée avec plusieurs pays européens.
Le futur porte-avions sera capable de lancer et de récupérer des avions simultanément, augmentant ainsi ses capacités opérationnelles. Actuellement, la plupart des porte-avions nécessitent une reconfiguration entre les deux opérations, ce qui impacte leur efficacité.
Avec trois catapultes au lieu de deux, le navire maximisera le lancement d’aéronefs, même si la technologie électromagnétique des catapultes dépendra d'une entreprise américaine, General Atomics, ce qui pourrait poser des enjeux de vulnérabilité stratégique.
Un conseiller présidentiel a mentionné qu'un "plan B" était envisagé au cas où cette collaboration rencontrerait des obstacles.
Le navire sera conçu pour s'adapter aux nouvelles générations d'avions et de drones, en réponse aux défis militaires contemporains que soulèvent les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, souligne la nécessité d'évoluer face à des menaces modernes, tandis que l'amiral Nicolas Vaujour, chef d'état-major de la Marine, évoque la nécessité d'intégrer des drones variés dans les missions du futur.
La question de la construction d'un deuxième porte-avions reste en suspens, étant donné que celui-ci ne sera disponible que 65 % du temps. À ce jour, la réponse de l'Élysée est clairement négative.







