Le 18 mars 2026, les employés de Leboncoin ont décidé de faire entendre leur voix en déclenchant une grève pour dénoncer ce qu'ils appellent une dégradation de leurs conditions de travail. Cette mobilisation fait suite à l’acquisition du site français par deux fonds d’investissement anglo-saxons, laquelle, selon les syndicats, aurait conduit à de multiples mesures ayant affaibli l'organisation du travail.
L’intersyndicale, regroupant la CFDT, la CGT et Solidaires Informatique, avance que "la direction cherche à réduire la masse salariale" et que les employés souffrent d'une "succession de décisions" qui compromet leur environnement de travail et leur bien-être. Cette situation a été exacerbée par le rachat par le consortium Blackstone/Permira en mai 2024, qui a changé le mode de fonctionnement de l’entreprise, autrefois un modèle de vente en ligne en France.
Une première pour les employés du site
La grève a reçu un large soutien avec l’approbation de plus d’une centaine d’employés lors d'une assemblée générale en décembre 2025, bien que la direction ait minimisé l’importance du mouvement, affirmant qu'"moins de 10 % des collaborateurs s'étaient déclarés grévistes", comme l’a rapporté l'AFP.
Les employés se sont rassemblés devant le siège de l’entreprise à Paris, marquant une première dans l’histoire du site. Les syndicats soulignent une augmentation inquiétante des risques psycho-sociaux liée à une "charge de travail" croissante, à des "réorganisations" répétées et à l’utilisation d’outils de surveillance intrusifs pour évaluer le rendement des équipes de télévente.
En colère contre la baisse du télétravail
La direction a également décidé d'implémenter une "réduction brutale" du télétravail, poussant certains salariés à envisager de quitter l’entreprise ou à supporter des "surcoûts de transport" importants. Actuellement, le modèle est hybride, avec deux jours de présence au bureau qui augmenteront à trois dès juillet 2025, marquant une transition controversée qui ne satisfait pas les employés. La direction répond en affirmant qu'"aucun changement récent n’a été apporté aux outils utilisés par ses équipes", ajoutant qu'ils respectent toutes les réglementations en vigueur.
Leboncoin emploie environ 1 500 salariés à travers la France, répartis entre plusieurs sites, notamment Paris, Nantes, Mâcon, Reims et Montceau-les-Mines. Ce mouvement de grève met en lumière des inquiétudes plus larges concernant la direction et la gestion des employés à l'ère de l'investissement anglo-saxon, une situation à surveiller de près.







