La Chine a réaffirmé, lors d'un point presse, son opposition résolue aux ventes d'armes américaines à Taïwan, alors que Donald Trump s'apprête à évoquer ce sujet lors de sa rencontre avec le président Xi Jinping cette semaine à Pékin. Les tensions autour de l'île s'accentuent, exacerbées par le soutien militaire apporté par Washington à Taipei.
"L'opposition de la Chine à la vente d'armes par les Etats-Unis à la région chinoise de Taïwan est constante et sans équivoque", a déclaré Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Lors de sa récente intervention, Trump a affirmé qu'il discuterait avec Xi de la question des ventes d'armes à Taiwan, minimisant les préoccupations concernant une possible invasion de l'île par la Chine. "Le président Xi ne souhaite pas que cela se produise", a-t-il ajouté, faisant référence à leur relation personnelle jugée "très bonne". Cependant, cette amitié est mise à l'épreuve par la portée considérable des envois d'armements.
La plus grande livraison d'armes depuis 2001
Depuis 1982, les États-Unis ont établi un principe de non-consultation avec Pékin sur les ventes d'armes à Taïwan, renforcé par les "Six Assurances" adoptées par l'administration Reagan, qui stipulent que les États-Unis n'informeront pas la Chine avant de procéder à ces livraisons. Ce cadre juridique reste crucial dans la diplomatie américaine face à la situation de Taïwan.
En décembre dernier, les États-Unis ont approuvé une vente d'armement évaluée à 11,1 milliards de dollars, la seconde depuis que Trump est retourné au pouvoir, représentant la plus importante livraison d'armes à Taïwan depuis 2001. Ce programme comprend des systèmes de missiles Himars, des obusiers, et des drones, avec un tout récent soutien du département d'État américain.
Taïwan envisage de consacrer 40 milliards de dollars de plus à sa défense
Cette décision a suscité une réaction immédiate et furieuse de Pékin, qui a exhorté Washington à mettre un terme à ces ventes, tout en soulignant que malgré l'absence de reconnaissance diplomatique, les États-Unis demeurent le principal fournisseur d'armements de l'île. Avec la montée des tensions, le président taïwanais Lai Ching-te envisage d'augmenter de 40 milliards de dollars les dépenses militaires de son pays sur plusieurs années, représentant ainsi un effort significatif pour contrer la supériorité militaire de la Chine.
Cette situation souligne l'insécurité croissante dans la région, et bien que Taïwan développe sa propre industrie defense, il reste largement tributaire du soutien militaire américain pour sa sécurité face à la menace provenant de Pékin.







