Le titan saoudien Aramco a révélé le 10 mai une hausse remarquable de 25,5 % de son bénéfice net pour le premier trimestre, atteignant 32,04 milliards de dollars. Cette performance impressionnante est le résultat direct de l'augmentation des prix du pétrole, aggravée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Dans un communiqué distribué à la Bourse saoudienne, Aramco a souligné que “l'augmentation des revenus issus des ventes a compensé en partie la montée des coûts d'exploitation”. L’entreprise, qui fait partie des valeurs boursières les plus prisées au monde, continue de démontrer sa robustesse face à un paysage économique complexe.
La guerre escaladée entre les États-Unis, Israël et l'Iran a provoqué, en représailles, le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran, une voie maritime critique par laquelle transite près de 20 % des hydrocarbures mondiaux. Cette situation a entraîné une souffle sur le marché, propulsant le prix du baril de Brent à près de 100 dollars en mars, contre seulement 70 dollars avant l'escalade des hostilités.
Amin Nasser, le dirigeant d'Aramco, a exprimé sa satisfaction concernant ces résultats, affirmant qu'ils témoignent de “la résilience opérationnelle et la capacité d'adaptation dans un contexte géopolitique difficile”. En dépit des défis liés à la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, Aramco a réussi à fournir quotidiennement des millions de barils grâce à son imposant oléoduc Est-Ouest, qui relie le Golfe aux terminaux sur la mer Rouge.
Un choc énergétique en cours
Ce pipeline s'est révélé être “une artère vitale pour assurer la continuité de l'approvisionnement”, a noté Nasser. Cette période de bénéfices en hausse marque la première amélioration après douze trimestres de déclin pour Aramco, qui est l'une des entreprises les plus puissantes en capitalisation boursière dans le monde.
Dominé par le gouvernement saoudien, Aramco est le pilier du programme Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui vise à préparer l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, à l'ère post-pétrolière.
Les recettes pétrolières demeurent cruciales pour le royaume, qui a récemment rapporté un déficit de 126 milliards de rials (environ 33,6 milliards de dollars). De leur côté, les entreprises pétrogazières européennes ont également enregistré des bénéfices substantiels au premier trimestre, gonflés par la volatilité causée par le conflit actuel.
Par exemple, TotalEnergies, le géant français, a annoncé une augmentation de 51 % de son bénéfice net pour le premier trimestre. En dépit de la crise, les pays de l'OPEP+ tels que l'Arabie saoudite et la Russie ont décidé d'augmenter leur quota de production à compter de mai, en ajoutant “188 000 barils par jour” pour juin.
Des conséquences potentielles à long terme
Début mars, Amin Nasser a exprimé son inquiétude, avertissant que “plus la situation perdurera, plus les répercussions seront désastreuses pour les marchés pétroliers mondiaux”. “Il est impératif que le transport maritime reparte dans le détroit d'Ormuz”, a-t-il souligné.
Les nations du Golfe, riches en hydrocarbures, subissent les effets des attaques iraniennes en réponse aux frappes menées par les États-Unis et Israël. Téhéran a ciblé non seulement les installations militaires américaines, mais aussi des infrastructures civiles, provoquant des dommages considérables aux installations énergétiques dans la région, notamment en Arabie saoudite.
Le ministère saoudien de l'énergie a indiqué que l'oléoduc Est-Ouest et d'autres installations étaient réparés plus tôt ce mois-ci après des frappes par des missiles et drones iraniens. À ce jour, l'Arabie saoudite n'a pas signalé d'attaques récentes depuis l'instauration d'un cessez-le-feu fragile le 8 avril.







