En France, la question du départ à la retraite fait souvent débat. Alors qu'augmenter l'âge de départ provoque des réactions vives, ajuster la durée de cotisation semble susciter moins d'opposition. Pourtant, ces deux mesures visent le même objectif : prolonger la vie active des Français.
Un historique de réformes
Depuis plusieurs années, les gouvernements tentent de résoudre les déficits liés à la branche vieillesse. Modifier le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein constitue une stratégie centenaire. À titre d'exemple, la réforme Fillon de 2003 a établi un cadre similaire, suivie par la loi Woerth en 2010, augmentant ainsi à 41,5 annuités pour la génération née en 1955. De nos jours, les assurés nés en 1955, 1956 ou 1957 doivent totaliser au moins 166 trimestres pour prendre leur retraite à taux plein à partir de 62 ans.
Les conséquences des réformes à venir
Les récentes législations, telles que celle du 20 janvier 2014, ont continué cette tendance avec une élévation progressive de la durée d'assurance. Les assurés nés entre 1958 et 1973 devront cotiser un trimestre supplémentaire tous les trois ans, atteignant éventuellement 172 trimestres pour ceux nés en 1973 ou après. Cependant, les contours de la prochaine réforme sont encore flous. Le président de la République privilégie une approche axée sur la durée de cotisation plutôt que sur un âge spécifique de départ, ce qui pourrait poser des questions pour les générations précédentes.
Les gagnants et les perdants de cette réforme
Si la durée d’assurance remplacera l’âge de départ, les premiers bénéficiaires seront probablement ceux ayant commencé à travailler jeune, car ils pourraient partir plus tôt sans décote. En revanche, ceux ayant des parcours professionnels plus complexes ou ayant retardé leur entrée dans le monde du travail risquent de voir leur retraite repoussée. Par exemple, une personne qui commencerait à travailler à 25 ans devrait cotiser jusqu'à 68 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Toutefois, des possibilités de rachat de points pour les périodes d'études pourraient être envisagées.







