Une décision budgétaire basée sur des critères médicaux
Le déremboursement des médicaments est une pratique établie depuis plusieurs années. La Sécurité sociale modifie régulièrement le panier de soins remboursables en s’appuyant sur le Service Médical Rendu (SMR). Lorsqu’un médicament est jugé peu efficace ou qu'une alternative plus efficace existe, son remboursement peut être entièrement supprimé ou réduit.
Cette année, le déremboursement s’inscrit dans un contexte de maîtrise des dépenses de santé. Avec des budgets en tension pour l’Assurance Maladie, plusieurs déremboursements ont été validés par le ministère de la Santé, fondés sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).
Liste des médicaments déjà concernés par le déremboursement
En 2025, plusieurs catégories de médicaments ne seront plus remboursées :
| Nom ou famille | Type | Remboursement 2024 | Évolution 2025 |
|---|---|---|---|
| Gels anti-inflammatoires locaux (ex : Ketum gel) | Douleurs articulaires, entorses | 15 % | 0 % (déremboursement total) |
| Homéopathie | Traitements non conventionnels | 15 % | 0 % depuis janvier 2025 |
| Médicaments contre la toux sèche (ex : Pholcodine) | Toux, ORL | 30 % | 0 % (dangerosité, efficacité jugée faible) |
| Traitements veinotoniques | Jambes lourdes, varices | 15 % | 0 % (jugés à efficacité insuffisante) |
| Médicaments anti-Alzheimer (ex : Aricept, Ebixa) | Maladie d'Alzheimer | 15 % | Suppression prolongée (déjà déremboursés en 2018) |
| Médicaments contenant du Ginkgo biloba | Troubles cognitifs, circulation | 15 % | 0 % (efficacité contestée) |
D’autres catégories, comme certains compléments alimentaires ou traitements symptomatiques non essentiels, sont également en cours de réévaluation.
Impact sur le budget des patients
La transition d’un taux de remboursement de 15 % ou 30 % à 0 % peut sembler minime, mais pour les patients chroniques ou âgés, cela entraîne des coûts significatifs. Par exemple, un gel anti-inflammatoire à 6 € (ex : remboursé à 15 % en 2024) ne bénéficiera d'aucun remboursement en 2025, obligeant le patient à payer l'intégralité du prix.
- 15 à 40 € de plus pour une personne utilisant plusieurs traitements non remboursés.
- Plus de 200 € par an pour les personnes âgées ayant des pathologies chroniques.
Les populations les plus vulnérables, notamment les retraités modestes et les patients souffrant de maladies longues, seront les plus touchées.
La Haute Autorité de Santé (HAS) est responsable de l'évaluation des médicaments. En cas de SMR jugé insuffisant, la Commission de la Transparence peut établir des recommandations. Le ministère de la Santé officialise ensuite ces décisions par un arrêté.
Les critères de déremboursement incluent :
- Une efficacité clinique démontrée par des études pertinentes.
- Une balance bénéfice/risque par rapport à d'autres traitements.
- Des alternatives plus efficaces ou moins coûteuses.
Pour faire face à cette situation, il existe plusieurs démarches à envisager :
- Consulter son médecin ou pharmacien pour explorer des alternatives à moindre coût.
- Comparer les prix des médicaments non remboursés entre pharmacies.
- Évaluer les garanties de sa mutuelle de santé concernant les médicaments déremboursés.
- Se rapprocher de dispostifs d’aide locale pour obtenir un soutien financier.
- Limiter l'automédication sur les produits désormais non remboursés.
Cette stratégie de déremboursement vise à alléger le budget de la Sécurité sociale, mais elle impose une charge financière accrue sur les ménages. Il est donc crucial pour les patients de rester informés sur leurs traitements et de dialoguer activement avec les professionnels de santé afin d'adapter au mieux leur couverture.







