Dans son dernier rapport, Oxfam révèle que les cent plus grandes entreprises européennes allouent en moyenne plus des deux tiers de leurs bénéfices aux actionnaires, causant des inégalités croissantes et limitant les possibilités d'investissement. Cette situation soulève des inquiétudes quant à notre avenir économique, alors que les besoins d'investissement se font de plus en plus pressants.
Alexandre Poidatz, porte-parole d'Oxfam, souligne : "Les finances publiques sont à sec, mais les entreprises disposent des moyens d'investir pour assurer la compétitivité économique de l’Europe. Cependant, leur priorisation des dividendes décrit un choix inéquitable qui désavantage la société dans son ensemble." Cette déclaration résonne d'autant plus fort alors que ces entreprises continuent d'augmenter leurs versements tout en négligeant des investissements cruciaux pour la transition écologique.
Le rapport indique qu'en moyenne, 70% des bénéfices de ces grandes entreprises sont consacrés aux actionnaires, atteignant même 73% pour les sociétés françaises. Des entreprises telles que Telefónica et BP ont, de manière alarmante, redistribué plus d'argent que leurs bénéfices réalisés, tandis que de nombreuses autres investissent 32 fois moins dans des initiatives écologiques que ce qu'elles reversent en dividendes.
Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, abonde dans ce sens : "Sans réglementation adéquate, le système économique s'emballe. Les inégalités résultent des choix de ces entreprises, qui devraient privilégier un modèle bénéfique pour le plus grand nombre, plutôt qu'une minorité." Elle appelle à une réforme structurante pour rendre l'économie européenne plus juste.
Un modèle économique à réinventer
Pour Oxfam, il est impératif d'adopter des mesures concrètes, telles que le plafonnement des rémunérations des PDG à 20 fois le salaire médian et la limitation des dividendes versés tant qu'un revenu décent et une stratégie climatique solide ne sont pas garantis. L'ONG encourage également la mise en œuvre rapide d'une directive européenne sur la transparence des rémunérations et la promotion de la diversité de genre dans les postes de direction.
Alexandre Poidatz conclut : "Une meilleure répartition des bénéfices favoriserait un modèle européen plus vertueux, tant du point de vue de la durabilité que de la compétitivité. Les États doivent prendre les devants et ne pas attendre que des directives viennent d'en haut pour agir." Ce plaidoyer pour un changement de cap pourrait redéfinir l'avenir économique de l'Europe.







