Un cri de détresse : une AESH du Nord-Cotentin partage ses inquiétudes sur l'avenir de sa profession

L'inquiétude grandit parmi les AESH : témoignage poignant d'une professionnelle en arrêt maladie.
Un cri de détresse : une AESH du Nord-Cotentin partage ses inquiétudes sur l'avenir de sa profession
Une AESH avec un élève, en classe (photo d'illustration). Deux manifestations sont programmés ce mardi 9 juin 2026. © Maxppp - Jérémie FULLERINGER

AESH : un vrai métier, un vrai statut de fonctionnaire. Les syndicats de la Manche se mobiliseront le mardi 9 juin à Cherbourg et Saint-Lô pour revendiquer un statut officiel pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap. En mai, le ministère de l'Éducation nationale a pour la première fois lancé des groupes de travail sur l'avenir des AESH, mais, selon le syndicat Sud Éducation Manche, les discussions sont déjà marquées par des limites inacceptables. En effet, le ministère ne prévoit de « fonctionnarisation » que pour 20 % des AESH.

Un arrêt maladie révélateur

Nous avons rencontré Magalie*, une AESH du Nord-Cotentin avec 17 ans d'expérience, actuellement en arrêt maladie. Elle déplore le manque d'humanité du ministère. En mars, elle a reçu un appel inattendu de sa coordonnatrice, l'informant d'un changement d'établissement : "Ils voulaient me transférer à une autre école, mettant ainsi en péril le lien établi avec les trois élèves que j'accompagnais depuis septembre." Prévenue une semaine à l'avance, cette décision lui a été insupportable. "J'ai eu beaucoup de mal à accepter cette décision. J'appelle même SOS Médecins tellement j'étais stressée," confie-t-elle.

Comme de nombreux autres AESH, Magalie dénonce une reconnaissance insuffisante de la profession et des salaires dérisoires. "C'est un travail que j'affectionne, mais je commence à me demander si je vais continuer," confie-t-elle, ajoutant qu'une démission pour la rentrée est envisageable.

Les impacts sur les élèves

Son arrêt maladie n'est pas sans conséquence pour les élèves qui bénéficiaient de son accompagnement. Virginie*, mère d'un enfant suivi par Magalie, témoigne : "Mon fils a créé un lien de confiance avec elle. Maintenant, il régresse et ne comprend pas ce qui se passe. Cela a des répercussions sur sa santé mentale et sa scolarité." Le lien tissé entre un AESH et un élève est crucial, et son interruption entraîne des effets indésirables significatifs.

Actuellement, 872 AESH accompagnent 3413 élèves reconnus par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) dans la Manche. Pourtant, le syndicat Sud Éducation signale une inquiétante tendance à la hausse des démissions.

*Les prénoms ont été changés*

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