La France est en proie à une flambée de chaleur précoce, enregistrant des températures jamais atteintes en mai. Ce phénomène, décrit comme inattendu par Météo-France, a déjà conduit à des alertes au sein de 13 départements de l'Ouest du pays, qui passeront en vigilance jaune canicule dès lundi.
Cette situation exceptionnelle est attribuée à un "dôme de chaleur", un système de haute pression favorisant l'accumulation d'air chaud d'origine nord-africaine, explique l'institut météorologique. Dès dimanche, le Finistère a été placé sous alerte, marquant la première activation de ce niveau d’alerte en mai depuis 2004.
Dix départements, dont le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique, seront concernés par cette vigilance, qui mêle données météorologiques et évaluation des risques de santé. Les zones moins habituées à des températures élevées, comme la Bretagne, sont particulièrement surveillées.
Les températures ont franchi le seuil des 30°C dans plusieurs territoires, notamment à Bordeaux où des milliers de supporters ont célébré sous le soleil intense la victoire de leur équipe de rugby. "Ce n'est pas normal pour cette période, mais ça semble devenir une habitude", a signalé Chloé Voisin, 22 ans, interrogée à Bordeaux.
Météo-France a annoncé des records pour ce mois de mai, avec des températures atteignant jusqu'à 33,8°C à Bergerac et 31,8°C à Noirmoutier. Des épisodes de chaleur extrême ont également perturbé des compétitions sportives. À Maisons-Alfort, une dizaine de participants à une course à pied ont été hospitalisés, tandis qu'une course à Menton a été gravement affectée par des malaises dus à la chaleur.
Jean-Michel Fauritte, président du club Menton Marathon Athlétisme, souligne les défis d'acclimatation des coureurs à cette chaleur inhabituelle pour la saison. En raison de cette situation alarmante, plusieurs événements sportifs ont dû être annulés.
Dans les jours à venir, les températures pourraient atteindre jusqu’à 35°C dans certaines régions de l'ouest. Météo-France prévoit que cette chaleur persistera, s'étendant au-delà des frontières habituelles de saison. En effet, des climatologues signalent que ces canicules sont symptomatiques d'un changement climatique causé par l'usage d'énergies fossiles, préfigurant un avenir avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes.
Robert Vautard, chercheur au CNRS, souligne que cette extension de la saison des vagues de chaleur est déterminante. "D'ici quelques années, nous pourrions faire face à de tels épisodes dès avril ou même en octobre", affirme-t-il, mettant en lumière l'urgence d'une prise de conscience collective face à ce phénomène croissant.







