Sous une protection policière incessante, Mahammad Mirzali, plateforme de contestation contre le régime d'Azerbaïdjan, vit une vie marquée par l'angoisse. Après une tentative d'assassinat à Nantes, il attend le procès de neuf suspects.
Âgé de 32 ans, ce blogueur charismatique, qui attire l'attention de 500.000 abonnés sur YouTube et Facebook, présente une silhouette fine et des cicatrices visibles, symboles de sa lutte pour la liberté d'expression. L'une des plus marquantes est le souvenir d'une agression survenue le 14 mars 2021, où il a failli perdre la vie.
Né à Goychay, une petite ville à l'ouest de Bakou, Mirzali a grandi dans un environnement marqué par l'opposition à la politique autoritaire d'Ilham Aliev, président de l'Azerbaïdjan. Ses aspirations académiques ont été brisées par la corruption ambiante, de même que son service militaire fut un cauchemar, selon ses dires, en raison de son opposition au régime.
En 2015, après avoir subi des menaces violentes, il abandonne son emploi dans un garage et lance le blog "Made in Azerbaijan" pour dénoncer les violations des droits humains et la corruption. Cette démarche lui coûte un exil vers la France, où il obtient le statut de réfugié politique à 22 ans, rejoignant une communauté de blogueurs persécutés.
Installé à Nantes après un parcours par Paris et d'autres villes, il subit une première attaque en octobre 2020, puis l'affrontement cruel de mars 2021, où il encaisse une quinzaine de coups de couteau, nécessitant une intervention chirurgicale complexe.
"Ma vie, elle est morte", confie-t-il, affligé par un quotidien où la peur s'est installée comme compagne. Plongé dans une solitude douloureuse, il se débat avec des troubles psychologiques qui minent sa santé.
« C'est comme si j'étais enfermé, sans amis ni relations », déclare-t-il à l'AFP, rendant compte d'un état constant de stress lié à l'approche du procès. Les menaces sur les réseaux sociaux ne font qu'aggraver son angoisse.
Malgré le climat d'insécurité et les répercussions psychologiques, il reste actif, défiant le pouvoir en place, un acte de bravoure souligné par Jeanne Cavelier de Reporters sans frontières, qui rappelle que sa situation illustre les dangers pour ceux qui osent critiquer les régimes répressifs.
Pour son avocat, Me Henri Carpentier, le procès représente une étape, mais la menace ne disparaîtra pas. Mirzali, conscient des dangers qui planent sur lui, espère néanmoins un jour recouvrer une vie à la hauteur de ses aspirations. « Une fois le verdict rendu, ma vie de reclus continuera », conclut-il, exprimant une réalité sombre et inquiétante.







