Suite aux observations du Conseil d'État, le projet d'allocation de solidarité unifiée, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, est placé en attente. Cette décision, révélée par La Tribune Dimanche le 23 mai, s'explique par la nécessité de retravailler le texte.
Cette initiative, soutenue par la droite parlementaire et promise par Emmanuel Macron en 2018, vise à rassembler plusieurs aides (telles que le RSA, la prime d'activité et l'aide au logement) dans un seul dispositif. L'objectif est double : simplifier la gestion administrative et réduire le non-recours aux aides. Alors que la présentation du texte était anticipée pour le Conseil des ministres avant les élections municipales, l'examen a été repoussé à plusieurs reprises.
« Nécessité d'échanges approfondis »
Des concerts de discussions avec divers acteurs (associations, partenaires sociaux, partis politiques) ont eu lieu depuis plus de six mois, tandis que le Conseil d'État étudie le projet depuis quatre mois. Après avoir émis des réserves sur la première version, une source proche du gouvernement indique que des échanges sont toujours nécessaires.
Invitée sur France 3 le dimanche 24 mai, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a clarifié que le projet n'était pas abandonné. Le Premier ministre, qui attache une grande importance à cette réforme, souhaite poursuivre les consultations avec les différentes forces politiques.
Un projet de réforme contesté
De nombreuses associations critiquent vigoureusement ce projet de loi, notamment le collectif Alerte. Son représentant, Daniel Goldberg, avait déclaré en avril dernier dans les colonnes des Échos : "En prenant à des personnes qui ont un peu pour donner à celles qui ont très peu, on ne lutte pas efficacement contre la pauvreté." Le Conseil national de l'Habitat a également exprimé son opposition à cette réforme.
Face à ces réticences, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a suggéré de mettre en place un groupe de travail élargi pour repenser les modalités de cette nouvelle allocation, comme le rapportent France Info. Un insider du socle commun a confié à La Tribune Dimanche : "Il n’y aura plus le temps pour le faire, et sur le plan politique, ça s'avère beaucoup trop risqué."







