Des frappes israéliennes, en partie anticipées, ont eu lieu dimanche au Liban, au lendemain d'un raid tragique ayant causé la mort de onze personnes, rapporte l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).
Le ministère libanais de la Santé a dénoncé un "massacre", précisant que parmi les victimes se trouvent six femmes et un enfant. Ces bombardements, selon leur bilan, ont également fait neuf blessés, dont un enfant, comme l'a indiqué le ministère dans un communiqué.
Israël continue sa campagne militaire contre ce qu'il qualifie de cibles liées au Hezbollah pro-iranien, et ce, malgré un cessez-le-feu en place depuis le 17 avril, récemment prorogé. Cette situation s'exacerbe avec des échauffourées persistantes entre les deux factions.
Le Hezbollah, de son côté, ne reste pas inactif et poursuit ses attaques dirigées contre des cibles israéliennes, tant au sud du Liban qu'à l'intérieur des frontières israéliennes. Dimanche, ils ont notamment tiré des roquettes sur des soldats israéliens.
Les dernières frappes israéliennes, qui ont touché les régions du sud et de la Bekaa, ont eu lieu après un ordre israélien d'évacuer onze villages situés dans ces zones sensibles.
Le porte-parole israélien, Avichay Adraee, a affirmé que l'armée se voyait dans l'obligation d'agir fermement contre le Hezbollah en raison de violations de l'accord de cessez-le-feu.
Des témoins sur place, dont un correspondant de l'AFP, rapportent avoir vu d'épais nuages de fumée s'élever à la suite des frappes sur Nabatiyé et Zawtar el-Charqiyé.
Dans un triste retournement de situation, la Défense civile libanaise a annoncé que son centre à Nabatiyé avait été entièrement détruit lors des frappes israéliennes de la nuit précédente. Des images montrent l'équipe de secours récupérant du matériel crucial des décombres.
L'armée israélienne n'a pas encore répondu aux sollicitations de l'AFP concernant ces bombardements. Selon les accords en vigueur, Israël se réserve le droit d'agir en légitime défense à l'égard des menaces provenant du Liban.
Le Liban s'est retrouvé englué dans la tourmente du conflit au Moyen-Orient le 2 mars, après des tirs du Hezbollah en guise de représailles suite à l'assassinat du guide suprême iranien dans une attaque américano-israélienne à Téhéran.
Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, sanctionné récemment par les États-Unis, a réaffirmé que tout accord avec les États-Unis dépendrait de l'arrêt des hostilités au Liban. "La guerre ne se limitera pas à l'Iran, mais elle pourrait embraser toute la région, particulièrement le Liban", a-t-il prédit.
Il est à noter que les autorités libanaises ont récemment amorcé des pourparlers historiques avec Israël, sous l'égide des États-Unis, une démarche vivement hostile aux yeux du Hezbollah.







