La circonscription de Makerfield, située dans le nord-ouest de l'Angleterre, s'apprête à devenir le théâtre d'une élection législative partielle déterminante pour l'avenir de Keir Starmer et de son parti travailliste. Le scrutin, prévu le 18 juin, pourrait signifier un tournant pour le Premier ministre, dont le leadership est déjà mis à mal.
Un défi de taille attend Starmer, avec son principal concurrent interne, le maire de Manchester, Andy Burnham, qui aspire à s'imposer comme député. Si sa candidature se concrétise par une victoire, Burnham pourrait rapidement devenir un sérieux prétendant à la direction du Labour et à la résidence officielle de Downing Street.
Loin de formaliser ses ambitions de remplacer Starmer, Burnham a néanmoins lancé sa campagne avec force, clamant : "Un vote pour moi est un vote pour transformer le Labour !" À 56 ans, il jouit d'une large popularité et semble avoir su capter l'adhésion des classes populaires, qu'il souhaite remettre au cœur des préoccupations du parti.
Toutefois, une certaine méfiance se fait sentir chez les électeurs, comme en témoigne Mick Dean, menuisier de 44 ans, qui a confié à l'AFP : "J'ai totalement perdu confiance, que ce soit Starmer ou Burnham, ils sont finis pour moi." Il envisage de voter pour Reform UK, le parti anti-immigration de Nigel Farage, qui a récemment connu un succès considérable lors des élections locales de mai.
Le Labour, traditionnellement fort dans cette région, traverse une crise majeure, ayant subi des revers non négligeables, notamment en Écosse et au Pays de Galles. La démission inattendue du député sortant a ouvert la voie à une bataille acharnée, permettant à Burnham de tenter sa chance.
Makerfield, perçu comme un bastion historique pour les travaillistes depuis 1983, a vu une montée significative de votes en faveur de Reform aux dernières élections. Les panneaux publicitaires de Reform et les drapeaux anglais sont omniprésents, contrastant avec l'absence de campagnes visuelles pour le Labour.
Certains jeunes, tel que Tom Hothersall, 22 ans, voient en Burnham un leader capable de revigorer le parti. "Beaucoup de gens l'adorent ici ", a-t-il déclaré, valorisant son bilan en tant que maire. Néanmoins, des avis divergents émergent, comme le souligne une électrice qui a clairement indiqué son refus de soutenir Burnham ou le Labour.
Il y a ceux, comme Michael Rowlands, un retraité en faveur de Farage, qui se sentent instrumentalisés : "Il se sert de nous. Une fois qu'il atteindra le sommet, nous serons oubliés."
Burnham mise sur son attachement local pour emporter l'élection, ayant des racines à Liverpool non loin de Makerfield. Ses alliés soutiennent qu'une victoire face à Reform établirait sa légitimité pour diriger le Labour. En face, Robert Kenyon, candidat pour Reform et plombier de formation, met également en avant ses origines modestes, bien que sa campagne soit déjà ternie par des révélations de propos passés jugés inappropriés, rapportées par l'association Hope Not Hate.
Malgré cette controverse, Reform n'a pas souhaité réagir à ces accusations, indiquant simplement qu’ils ne comptaient pas enquêter sur cet incident.







