Karine Viseur, attachée de presse belge, a révélé ce jeudi sur les ondes de RTL qu'elle avait déposé une plainte à l'encontre de Patrick Bruel, affirmant avoir été victime d'une agression sexuelle survenue en 2010 dans les locaux de la RTBF, selon des informations rapportées par le média. Karine Viseur avait initialement porté plainte la même année, mais avait par la suite décidé de la retirer.
Cette nouvelle plainte, déposée mardi, fait référence à des événements ayant eu lieu à une époque où elle travaillait à la promotion du film "Comme les cinq doigts de la main", alors qu'elle avait 38 ans. La radio RTL a été la première à divulguer ces détails.
"Je me suis sentie comme une proie"
Dans son témoignage, Karine Viseur a expliqué qu'elle avait compris, lors de cette journée avec l'artiste, qu'elle était "une proie". Elle a décrit une scène troublante dans une salle de maquillage où Bruel l'aurait "coincée" et lui aurait infligé une série de gestes inappropriés, notamment "une déferlante de caresses" et "poitrine contre poitrine".
Par la suite, il l'aurait forcée à entrer et à s'enfermer dans des toilettes, tentant de l'embrasser de force et commettant d'autres attouchements. "Il se frotte à moi. Il me caresse, il passe sous ma robe", a-t-elle relaté, soulignant l'impact traumatisant de cette expérience.
Un silence pesant autour d'une star
Viseur a également évoqué la difficulté de parler à cause du statut de renommée de Bruel. "Personne n'a osé parler", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle avait retrouvé le courage d'agir après que d'autres femmes aient partagé des expériences similaires. Mediapart a récemment rapporté les témoignages de six femmes qui accusent l'artiste de violences sexuelles entre 1992 et 2019.
En ce qui concerne les enjeux judiciaires, Bruel, âgé de 66 ans, fait face à une enquête pour viol ouverte à Saint-Malo et à une accusation pour tentative de viol. Il a fermement nié les accusations à travers son avocat Christophe Ingrain, qui a décrit les allégations comme créant un "personnage et un système qui n'ont jamais existé".
À la suite des récentes révélations, Me Ingrain n'a pas souhaité commenter davantage les accusations lorsqu'il a été contacté par l'AFP.
Encourager d'autres victimes à parler
Karine Viseur a admis que les faits évoqués sont probablement prescrits : "Trop de temps est passé, mais (la plainte) peut être néanmoins instruite", a-t-elle précisé. Elle a exprimé sa volonté d'aider d'autres victimes potentielles, affirmant : "Je ne ferai pas marche arrière et si je peux ouvrir la parole à d'autres personnes, à d'autres femmes en Belgique, je serai là pour les appuyer et les épauler".







