Trois figures clés de la DZ Mafia se retrouvent devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, où un procès d'une durée de trois semaines a démarré ce lundi 23 mars. Ils sont accusés d'avoir orchestré un double meurtre en 2019, un acte criminel enraciné dans les rivalités croissantes des narcotrafiquants marseillais.
Six accusés se présentent au tribunal. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en place pour veiller à la protection des participants, témoignant de la gravité de l'affaire. Le procureur général de la cour d'appel d'Aix, Franck Rastoul, a souligné l'ampleur rare de ce procès, mettant en lumière la menace persistante que représente la criminalité organisée, ainsi que la nécessité d'une réponse étatique renforcée.
Un double assassinat dans un hôtel aux répercussions meurtrières
Les événements tragiques remontent à 2019, avant que le terme DZ Mafia ne devienne connu. Ce jour-là, une femme de ménage a fait une découverte macabre dans une chambre d'hôtel près de Marseille : deux hommes, exécutés par balles alors qu'ils dormaient. L'un d'eux, Farid Tir, 29 ans, libéré de prison un an auparavant, semblait être une cible directe, alors que la seconde victime, Mohamed Benjaghlouli, 29 ans, était un ami d'enfance. Ce double meurtre a été qualifié de règlement de comptes par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, qui a alors identifié l'organisation criminelle impliquée.
Des liens criminels s'étendant à Dubaï
Parmi les accusés, Karim Harrat, 37 ans, figure comme un acteur clé des conflits territoriaux liés à la drogue. Selon l'accusation, il aurait orchestré les meurtres depuis Dubaï, bien qu'il ait toujours nié ces accusations. Son collaborateur présumé, Walid Bara, alias "Fondu", a disparu après avoir été libéré en mai 2024, suite à une erreur judiciaire. Il est suspecté d'avoir joué un rôle vital sur le terrain dans la traque de Farid Tir.
Les enquêteurs relèvent également que les deux meurtriers présumés, Zaineddine Ahamada et Adrien Faure, disposent des codes d'accès à l'hôtel, mais ils nient toute implication. Ahamada serait considéré comme un des leaders de la DZ Mafia selon les informations de la police judiciaire. Gabriel Ory, un autre accusé, ferait office de traître, ayant usé de sa présumée amitié avec Farid Tir pour faciliter le crime.
Dans le cadre de ce procès, les implications sociales et sécuritaires seront scrutées de près. Comme le note un expert en criminalité organisée, "ce procès pourrait dévoiler l'ampleur et les dangers de la nébuleuse criminelle à Marseille et au-delà". Le verdict est attendu le 10 avril, dans une ambiance de tension palpable et de sécurité accrue.







