Ce vendredi 20 mars débute le procès d'un policier de la brigade anticriminalité (BAC) accusé d'homicide volontaire suite à la mort tragique d'Olivio Gomez, un père de famille de 28 ans. En octobre 2020, dans le quartier Beauregard à Poissy (Yvelines), cet incident a profondément bouleversé la communauté et sa famille.
Le soir des faits, après une sortie avec des amis à Paris, Olivio Gomez venait de garer sa Renault Clio lorsqu'il a été touché par trois balles, s'effondrant sur le volant. Âgé de seulement 28 ans, il laisse derrière lui trois jeunes enfants de 1,5, 3 et 6 ans. L'enquête a rapidement mené à une mise en examen du policier le 20 novembre 2020, car les circonstances de la fusillade ont soulevé de nombreuses interrogations.
L'accusé, qui a toujours nié toute intention homicide, a été renvoyé devant la cour d'assises. Cela est considéré comme un développement rare, compte tenu de l'usage de la force par les forces de l'ordre. La juge d'instruction a souligné que les tirs effectués n'étaient pas « une solution proportionnée » à la situation.
Une version policière contestée
Au lendemain du drame, la version officielle des faits évoquait un refus d'obtempérer de la part d'Olivio et une tentative de fuite qui aurait justifié l'usage de l'arme. Cependant, les images de vidéosurveillance ont contredit cette narration. Elles révèlent qu'il ne commettait aucune infraction au code de la route. Les investigations menées par l'IGPN ont également établi que, lors des tirs, le policier n'était pas en danger immédiat.
À l'approche du procès, Léonel Gomez, le frère d'Olivio, a exprimé son espoir de voir la justice reconnaître l'invalidité de l'argument selon lequel leur frère aurait été un chauffard ou en fuite : « Que plus personne ne puisse parler de course-poursuite ou d’un chauffard qui fonce sur la police », a-t-il déclaré au Parisien.
Des répercussions sur des affaires similaires
Cette audience arrive à un moment où d'autres incidents impliquant la police sont également jugés, comme le cas de Nahel Merzouk, abattu à Nanterre en juin 2023. Dans ce dossier, les juges ont écarté l'intention de tuer, ce qui soulève de nouvelles questions sur la responsabilité des forces de l'ordre et leur rapport avec la légitime défense.
Le procès d'Olivio Gomez est prévu pour se dérouler sur une semaine, jusqu'au vendredi 27 mars. Les discussions promettent d'être intenses, alors que la famille attend des réponses et une dose de justice pour leur proche disparu.







