Le président du club de rugby de Bayeux, un sexagénaire, a été condamné ce 18 mars à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour détention et partage de fichiers pédopornographiques. Les enquêteurs ont également découvert qu'il avait conservé des photos de jeunes du club.
Au tribunal correctionnel de Caen, Christophe C. tente d’expliquer son incursion dans ce monde sombre : « J’y suis arrivé un peu par hasard, à force d’échanges. C’est un engrenage. » Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2020, selon les investigations déclenchées par des alertes sur Pharos, la plateforme gouvernementale pour signaler des comportements et contenus illicites en ligne. Précisément, l’enquête a été alimentée par des signalements concernant une adresse e-mail associée au club de rugby.
Christophe C., résidant à Trungy, un petit village proche de Bayeux, avait refondé le club en 2008. Mais après une séparation en 2019, il s'est laissé entraîner sur des sites comme Coco, qui a été fermé en 2024, et Bounty, ainsi que sur des plateformes discrètes comme Telegram, comme il l'admet, avec des mots choisis.
Des photographies « insoutenables » sur ses appareils
Lors de la perquisition, les policiers ont découvert « des photographies insoutenables », notamment des scènes humiliantes impliquant des enfants. Face à ces accusations, Christophe C. peine à se justifier et finit par admettre : « C’est pas bien. » Cependant, la procureure lui rappelle rapidement que c'est avant tout « une infraction pénale ». Il avoue avoir une attirance pour les enfants prépubères, mais peine à expliquer l'origine de ces penchants.
Des photos inquiétantes de jeunes du club
Parmi les images trouvées, certaines étaient particulièrement troublantes : des photographies de jeunes issus de son club. Bien qu'elles n'aient pas de connotation sexuelle, certains clichés récupérés via des messageries du club, comme celui du fils d'un éducateur, suscitent des interrogations. Face à ces révélations, Christophe C. reconnait avoir eu des « fantasmes assez précis » concernant ces jeunes.
Il a aussi été interrogé sur des conversations en ligne où il a dialogué avec un utilisateur qui se faisait passer pour un mineur, évoquant clairement une rencontre. « La logique, c’était que ça se termine comme ça », reconnait-il, tout en se qualifiant de « gros connard » pour ses choix passés.
Un futur incertain pour un ancien dirigeant
Le tribunal a finalement décidé de condamner Christophe C. à deux ans de prison avec sursis, en plus d'interdire définitivement toute activité en lien avec des mineurs. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Avec un besoin urgent de soins, il a exprimé des regrets et une volonté de changement : « J’ai besoin de me faire soigner. Je suis prêt à tout pour avancer. » Bien qu'il soit un membre actif de la communauté bayeusaine, ce dernier sera contraint de démissionner de son poste. Le 61e anniversaire de Christophe C. sera célébré derrière les barreaux, une légende sportive marquée par une chute vertigineuse.







