Lors du procès en appel du financement libyen, Éric Woerth, ancien trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, a cherché à justifier les entrées d'argent liquide, notamment un montant de "30-35 000 euros" distribué en espèces à des membres de son équipe. Ces fonds, reçus par courrier, sont selon lui issus de dons anonymes de partisans, alors que Sarkozy se préparait à conquérir l'Élysée. Woerth a insisté sur le caractère exceptionnel des dons, témoignant d'un climat électoral particulièrement intense à l'époque.
Pour soutenir ses explications, Woerth a mentionné la ferveur générée par la campagne contre Ségolène Royal, déclarant : "On est dans une ambiance extraordinaire donc des gens font des choses extraordinaires, et même des trucs un peu bizarres". Cependant, les juges d'instruction demeurent sceptiques quant à la provenance de ces fonds, suspectant un éventuel financement libyen de la campagne. Bien que l'enquête ait mis en lumière un transfert de 6,5 millions d'euros par la Libye, le lien direct entre ces sommes et la campagne de 2007 n'a pas été prouvé.
En première instance en 2025, les juges avaient relaxé Woerth, mais avaient déclaré ses arguments sur la circulation de ces espèces "dénués de toute crédibilité". Woerth lui-même a récemment déclaré : "Il y a un moment, je n'ai plus d'explication à donner". Alors même que l'affaire continue de faire l'objet de spéculations, il reste déterminé à faire valoir que la majorité des fonds de campagne provenaient de canaux traditionnels tels que des virements et des chèques, et non de dons en espèces.
Le procès, très médiatisé, devrait se poursuivre jusqu'au 27 mai.







