Lors d'une intervention ordonnée par la préfecture du Morbihan, les forces de l'ordre ont dû faire face à des résistances inattendues à Elven. C'est dans la nuit du 22 au 23 mai que près de 300 teufeurs ont pris d'assaut un espace habituellement réservé aux gens du voyage, transformé en lieu de fête pour le week-end prolongé de la Pentecôte.
La réaction du préfet, Michaël Galy, ne s'est pas fait attendre : dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, il a exprimé sa condamnation ferme des rassemblements illégaux, rappelant qu'un arrêté interdisant de tels événements est en place jusqu'au 1er juin. Les participants ont accueilli les gendarmes non pas avec des chants de joie, mais avec des mortiers d'artifice, marquant le début d'affrontements.
Selon un communiqué de la préfecture, les teufeurs s'étaient préparés à défendre leur fête en s'organisant sur les deux points d'entrée du site. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des grenades lacrymogènes, et il a fallu deux heures pour maîtriser la situation et procéder à l'évacuation des fêtards, entraînant la saisie de tout le matériel utilisé pour le rassemblement.
Le maire d'Elven, Luc Le Trionnaire, a déclaré à ICI Armorique que la commune n'avait jamais rencontré ce type d'incident auparavant et qu'aucune alerte préfectorale n'avait été émise en amont. Habituellement calme, l'aire où s'est tenu l'événement est régulièrement utilisée pour accueillir des évangéliques durant l'été.
Les festivités avaient commencé au petit matin, les premiers participants forçant l'entrée du site, qui était barricadé par des plots de béton. Malgré les barrages établis, un afflux de fêtards s'est produit, certains accédant au site à pied par des chemins de traverse.
Cette affaire d'Elven fait écho à un contexte législatif plus large. Le projet de loi Ripost, défendu au Sénat par Laurent Nunez, devrait rendre l'organisation de rave parties non déclarées un délit passible de deux ans de prison et d'une amende de 30 000 euros. Une mesure qui pourrait condamner également la participation à ces événements, soulevant de nombreuses interrogations quant à la liberté de se rassembler.







